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27.04.2007

Liberté, égalité, fraternité...Les idéaux républicains sont-ils des fictions ?

Le 26 août 1789 l’Assemblée nationale constituante avait voté un texte « solennel » intitulé « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Cette proclamation révolutionnaire fut placée en tête de la Constitution française de 1791…Parmi les 17 articles mentionnés, on note « les principes de 1789 » dont l’un évoque « l’égalité politique et sociale de tous les citoyens »…un autre encore « le respect des opinions et des croyances » ou encore « la répartition équitable des impôts consentis librement par les représentants du pays »…Le contenu de la Déclaration des droits de l’homme se « popularisa » immédiatement sous la forme « d’idéaux républicains : liberté, égalité, fraternité.
La France, à juste titre, est très fière de « ses idéaux » et depuis l’avènement de la République, chaque homme politique se pose en « défenseur de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ». Ces idéaux sont-ils vraiment appliqués dans la vie citoyenne ? Une vision rapide semble le confirmer…Existe-t-il un pays où l’on serait plus « libre » qu’en France ? . Certes, non. Plus « égal » ? La réponse ne peut être que circonstancielle et très nuancée.. Sommes-nous plus « fraternels » en France ? Il existe heureusement des initiatives privées remarquables qui font l’honneur de la France tels « les restos du cœurs », « les Compagnons d’Emmaüs », « le secours catholique » etc…Poussés par les citoyens qui sont autant d’électeurs, les hommes politiques doivent aussi engager l’Etat dans les actions et aides sociales, à telle enseigne que les choix budgétaires sont souvent l’objet de confrontations passionnées. Selon leur « couleur politique », les responsables seront accusés de faire « trop » ou « pas assez de social » ! Il suffit de suivre les débats politiques actuels autour de l’élection pour la Présidence de la République !
Mais ces discussions se prolongeront certainement bien au-delà de l’échéance électorale…Les questions sociales ne sauraient être réglées de manière purement « technique » par des engagements seulement financiers. Le problème est plus vaste et bien plus profond.
Rudolf Steiner (se référer au site http://radher@free.fr) fut le premier à aborder ces problèmes sous un angle vraiment nouveau. Dans son enseignement, il a souligné que l’être humain n’était pas seulement un être physique, matériel, mais qu’il avait aussi une « réalité intérieure (son âme, son espace d’émotions) » et une « réalité spirituelle, transcendante (sa pensée, son espace de réflexion) ». Ce n’est qu’en intégrant ces « paramètres », qu’on arrivera à comprendre l’être humain et ses besoins réels. Partant de là, Rudolf Steiner a ouvert une multitude de « pistes » pour solutionner les divers problèmes sociaux, en soulignant toujours « qu’il n’existait pas une solution définitive pour tous les temps et tous les lieux. Les solutions devront être diversifiées géographiquement, historiquement, socialement. En étudiant l’Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner, patiemment, en profondeur, sans préjugés (mais en gardant son propre jugement), on peut vraiment découvrir des points de vue d’études passionnants qui nous poussent à réfléchir… Car ce n’est qu’à partir de la réflexion, que l’on peut aboutir une action ciblée et efficace.
A titre d’encouragement à l’étude de l’œuvre de Rudolf Steiner, reprenons, dans le cadre de cet article sur les « idéaux républicains », les trois « piliers » pour les éclairer, très sommairement, à la lumière de l’Anthroposophie.
Pour Rudolf Steiner (lire son ouvrage fondamental « La philosophie de la liberté »), la liberté attachée à la seule dimension physique est illusoire. Une réflexion personnelle vraiment objective nous prouvera, que dans notre organisation physique nous sommes en faits toujours « conditionnés de l’intérieur comme de l’extérieur », le conditionnement intérieur étant celui de nos émotions, nos sentiments etc.. Nous sommes entraînés, poussés par nos émotions…Ce n’est donc finalement que par sa dimension « spirituelle » (sa capacité de pouvoir « penser ») que l’être humain peut s’exercer à une véritable liberté : celle de choisir personnellement et en toute liberté le motif de sa pensée et y concentrer toute son attention, avec toute son énergie (sa volonté). Selon le degré d’intensité de ce « travail » (car cela suppose un effort personnel !), cette activité sera « une réflexion personnelle », « une contemplation personnelle » ou encore une « méditation personnelle ». Voilà par ex. un exercice personnel où toute individualité pourra faire l’expérience de ce qu’est une vraie liberté !
Sur quel plan se place « l’égalité » ? Les êtres considérés seulement sous l’aspect physique, ne sont jamais égalitaires. Les gènes, l’hérédité, l’environnement géographique etc. font qu’il existe une diversité donc une inégalité. Si on prend cependant en compte la dimension « spirituelle » (la faculté du « penser ») de l’être humain, on retrouve une égalité. En tant qu’êtres spirituels, tous les hommes sont « des esprits qui sont capables de réfléchir ». Il ne faudrait cependant pas confondre la « capacité de réflexion » avec l’approche conventionnelle de ce que l’on entend par « intelligence » ou « QI » ! Les problèmes existentiels sont souvent mieux compris dans le cadre d’une bonne réflexion que sous une optique « intelligente, parfois très intellectuelle, donc abstraite » !
Quant à la « fraternité » cet « idéal » reste souvent assez flou. La « fraternité humaine » est une notion assez aléatoire. Elle peut être abordée sous un angle religieux : les êtres humains sont des « créatures de Dieu » et doivent donc être solidaires. Sous l’angle laïc, la morale républicaine décrète la solidarité humaine comme une base essentielle pour la paix sociale.
Comment peut-on intégrer les idéaux républicains dans le contexte social, en tenant compte de la spécificité humaine ? A partir de son analyse, Rudolf Steiner propose trois pistes. La liberté appartenant au « domaine de l’esprit » , toute organisation sociale doit assurer à tous les citoyens, à tous les individus une « liberté d’esprit totale, inconditionnelle. Cela concerne la liberté d’opinion, de croyance, d’éducation, d’art et tout ce qui est du domaine de la pensée, tout ce qui nourrit ou favorise son développement.
Pour ce qui est de l’égalité, l’Etat doit garantir celle-ci pour la protection de chaque individu. Mêmes droits, mêmes devoirs avec un souci particulier pour les plus défavorisés . C’est le devoir étatique de juridictions et d’exécutifs adéquats.
La « fraternité » est placée, par Rudolf Steiner sous un angle inattendu et spécifique : elle devrait, selon lui, s’appliquer au domaine économique. L’économie devrait être au service de l’homme et subvenir à ses besoins. Au besoin de tous ! Et il devient dès lors évident que l’économie libérale fondée sur la concurrence et la course au profit, ne saurait à long terme exister, sans créer de plus en plus de conflits sociaux. L’accumulation de richesses pour une minorité, l’indigence, la misère pour la majorité, ne pourront contribuer à une paix sociale durable. Rudolf Steiner a souligné que la concurrence, une forme de guerre sociale dans la vie commerciale, était néfaste à l’individu et à la société. Seules la coopération et la collaboration pour des projets communs pour toute la société humaine peuvent contribuer à « fraterniser » les hommes. La seule concurrence « positive » est celle du domaine de « l’esprit » : par une émulation parmi les chercheurs par ex. pour trouver « les bonnes idées », les inventions utiles pour le bien de tous les hommes ! Et les « idées » sont « gratuites » car elles viennent « d’en-haut »… Les « chercheurs » ne pourraient « trouver » sans le « monde de la pensée », qui est d’ordre spirituel.

Nous terminerons ces quelques « réflexions » qui ne prétendent nullement traiter les sujets en profondeur, mais qui voudraient encourager les personnes « pensantes et responsables » à aborder les écrits de Rudolf Steiner, en citant P. Archiati (un auteur anthroposophe qui a étudié à fond l'oeuvre de R. Steiner) qui résume ainsi les thèmes abordés :

" Dans la vie professionnelle d’aujourd’hui, l’homme a surtout besoin de courage, le courage que ne peut conférer que l’amour. Le matérialisme se caractérise par un manque d’amour pour l’homme, car il paye le travail comme une marchandise et de ce fait traite l’homme lui-même comme une marchandise.
L’homme aspire à la liberté pour développer ses aptitudes et il a besoin d’une aide fraternelle pour subvenir à ses besoins. Il vit sa dignité dans l’égalité de tous les hommes. "

25.04.2007

Crises de société ? Symptômes d'une dérive profonde ?

Nous percevons aujourd’hui, dans tous les domaines de la vie sociale, des crises qui sont autant de symptômes d’un malaise profond. Notre société, souvent repliée sur elle-même, s’est habituée à vivre dans un monde chaotique, de plus en plus inégalitaire et injuste où les richesses se trouvent concentrées dans les pays industrialisés. Le reste de l’humanité est condamné à la malnutrition voire la famine et la misère avec toutes ses conséquences tragiques. Ce contraste terrible s’affirme de jour en jour davantage.
Mais la richesse du monde occidental n’est qu’apparente et cache bien des aspects moins reluisants. Nous ressentons chaque jour que le bien-être et la sécurité sont très fragiles. Aujourd’hui les signes de précarité se révèlent de plus en plus : chômage, exclusions, dangers de régressions sociales. Le libéralisme commercial selon le modèle américain qui prolifère dans le monde, la mondialisation du commerce, présentent de grands dangers s’ils ne sont pas maîtrisés et « humanisés ». Le progrès n’est jamais immoral en soi, il le devient s’il est le prétexte d’agissements qui asservissent l’être humain. Au nom du progrès, on peut utiliser les techniques nouvelles pour instaurer la domination de l’homme par l’homme. Il devient alors une autre forme pernicieuse de « lutte des classes »…
Nous pouvons observer, jour après jour, une société de plus en plus enlisée dans de multiples contradictions. Le modèle de « bonheur proposé » est celui de la consommation à outrance, avec toutes les dérives et frustrations qui en découlent. La motivation de l’homme moderne se résume en peu de mots: « gagner vite beaucoup d’argent pour consommer de plus en plus »…L’argent comme gage de réussite et d’affirmation de soi…Bien des jeunes rêvent d’une telle réussite…Mais cette vision matérialiste de la vie fait des ravages dans toute la société..
L’homme contemporain est souvent dépressif, inquiet, parfois suicidaire.
Il se sent de plus en plus abandonné, « jeté », dans une société qui, dans la course à la performance, n’a apparemment plus le temps, ni la force de s’occuper des « maillons faibles »…
Les religions sont en perte de vitesse. Dans une approche où sciences et foi sont inconciliables, ce sont en définitive les sciences basées sur la réalité matérielle qui emportent toujours la victoire, selon la formule : « il n’y a d’autre réalité que la réalité matérielle ». Dès lors, les religions restent, aux yeux de beaucoup « une invention pour rassurer les hommes qui ont peur de mourir, de disparaître »…Certaines religions, à défaut de pouvoir convaincre, se réfugient dans le dogmatisme, l’intégrisme, parfois la violence.
Il devient alors très difficile de trouver des solutions aux problèmes sociaux, capables de réconcilier tous les hommes. Les hommes ne seraient-ils pas tous semblables ? On a cru, à un certain moment, que les sciences, qui ont une vocation d’universalité, parviendraient à réaliser cet idéal. Il faut hélas, constater que finalement les scientifiques sont « aussi » des hommes, avec leurs faiblesses, leurs limites, leurs contradictions. Ils ne sont pas incorruptibles… Les sciences sont par définition objectives , impartiales… Les scientifiques souvent tributaires d’intérêts économiques considérables, ne s’inscrivent pas toujours dans une dynamique de vérité et de liberté. Il suffit d’observer par exemple les débats concernant les OGM …Les tenants d’ intérêts financiers exercent des pressions violentes, utilisant toutes les stratégies dont des publications « d’experts scientifiques » gagnés à leur cause, pour contrer la très grande majorité de consommateurs opposés à la prolifération d’un produit non testé à long terme et dont les « bénéfices » pour l’homme sont plus que contestables. Une des graves conséquences déjà connues aujourd’hui est la contamination de la culture biologique. On pourrait aussi évoquer les nombreuses et inquiétantes malformations congénitales décelées (en Allemagne) sur le bétail nourri d’aliments comportant des OGM.


On ne peut, évidemment, nier le progrès et revenir en arrière…Les ordinateurs et autres appareils électroniques, par exemple, sont devenus indispensables dans la société d’aujourd’hui. Tout doit aller vite.. encore plus vite..il faut « économiser du temps qui est de l’argent » ! Il faut produire « vite et beaucoup » face à un marché concurrentiel où l’efficacité est le seul gage de survie. Mais tout cela ne fonctionne, bien entendu, que si la « demande » existe…Il faut donc consommer beaucoup, afin que l’on puisse produire beaucoup ! Il faut aussi inventer de nouveaux « besoins » pour pouvoir vendre ! Dans notre type de société, l’individualité n’a de poids, d’existence, que par sa qualité de consommateur. L’idéal de vie proposé « au consommateur » se résume en peu de critères : gagner de l’argent pour consommer de plus en plus de biens et prestations de services de toutes natures. L’économie d’aujourd’hui ne se limite nullement à couvrir les besoins primaires et naturels de l’homme, mais se doit de susciter constamment des besoins nouveaux, créés artificiellement, par les moyens considérables de la publicité. Des budgets énormes sont dépensés pour imposer aux consommateurs de nouveaux produits. Tout cela aussi géré de manière professionnelle et « scientifique ».. !

Un nouveau type de guerre et d’affrontement est né : la guerre économique, au nom du profit et du pouvoir de l’argent. La loi de la concurrence engendre de nouveaux cauchemars pour l’individu : nécessités de qualifications de plus en plus grandes , efficacité, flexibilité, disponibilité constante …Nécessité de s’adapter continuellement aux nouvelles techniques et accepter un emploi qui changera probablement plusieurs fois dans la vie. Telle est la réalité quotidienne à laquelle nous sommes tous confrontés et qui présente tous les symptômes d’une vie sociale menacée de dérives profondes. Notre société est de plus en plus inhumaine. Le monde devient invivable…

Comment rendre notre société plus humaine ? L’évidence est de dire « notre vie sociale ne peut redevenir humaine que si elle est conforme à l’homme ». Ce qui semble a priori une « lapalissade », cache cependant une vérité profonde : la vie sociale contemporaine ne répond pas aux aspirations profondes de l’être humain. L’homme ne se réduit pas à sa seule dimension physique. Il n’est pas seulement « l’animal le plus évolué » dans la perspective darwiniste. S’il n’était que cela, les possibilités offertes par le monde de la consommation devraient le rendre pleinement heureux . Ce n’est pas le cas, les biens matériels proposés ne lui donnent qu’un bonheur très éphémère . Le nombre de personnes souffrant psychiquement augmente sans cesse. Celui des suicides aussi, touchant aussi bien les jeunes que les aînés confrontés au stress insupportable du monde du travail. Cette constatation est plus qu’alarmante.

Non, l’être humain est plus qu’un corps physique : il a ses pensées, ses réflexions, ses recherches existentielles, sa quête de vérité, d’absolu, tout ce que les anciens dénommaient « esprit »… Il a aussi sa vie intérieure, ses émotions, ses joies, ses peines, son besoin d’aimer et d’être aimé, ce qui « l’anime » et que l’on désigne par le terme « âme ». Dans le Nouveau Testament, St-Paul qui connaissait bien la culture grecque, parlait de « l’homme pneumatique » (du grec pneuma = esprit) et « psychique » (psyche = âme). Les anciens savaient que l’être humain était à la fois « corps » (aspect matériel, physique visible) , « âme « (vie intérieure, non visible physiquement) et « esprit » (sa dimension spirituelle, non visible physiquement). C’est dans cette perspective que dans l’Evangile de Matthieu (22/37), Jésus reprend à son compte les termes du Deutéronome pour définir le plus grand des commandements : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
L’Eglise chrétienne primitive admettait donc que l’être humain était à la fois corps, âme et esprit. Ce n’est qu’au Concile de Constantinople en l’an 869, qui opposa l’Eglise de Bysance à celle de Rome que l’être humain fut réduit à ses « composantes corps et âme »..Il s’agissait, à l’époque de désavouer et de faire condamner pour hérésie un des représentants de l’Eglise d’Orient : le fameux théologue et spécialiste du Droit canonique PHOTIOS (820-896). Ce dernier avait dit que l’être humain possède, en plus de son corps, une « âme inférieure » et une « âme supérieure » qui est sans péché…Il reprenait en fait l’idée grecque (reprise comme mentionné plus haut par St-Paul et l’Eglise d’Orient) de « l’homme psychique (= âme) » et de « l’homme pneumatique (= esprit)..Il considérait que cette « âme supérieure » (donc l’esprit) était « sans péché », parce que par nature, elle est spirituelle, donc non corruptible..L’Eglise de Rome prit donc prétexte de la qualification des « deux âmes » par Photios, pour dire que c’était une invention diabolique et souligner que ni dans l’Ancien, ni dans le Nouveau Testament, il n’était question de deux âmes… ! L’idée « d’âme supérieure » (selon Photios), en fait un synonyme « d’esprit », fut condamnée et Photios déclaré hérétique..Le Concile déclara solennellement que l’homme n’était constitué que d’un corps physique et d’une âme. « Exit l’esprit ! »
Au 19/20ème siècle, les sciences ont réduit l’être humain à sa dimension organique physique. Sous cette optique, les facultés du « penser et ressentir humain » ne sont que des émanations, des conséquences de l’organisation matérielle physique… »Les états d’âme » ne sont dès lors que le résultat de processus chimiques complexes de l’organisme…Les psychologues et psychiatres se sont alors spécialisés dans l’étude d’une « âme » qui devenait par là « gérable et influençable » par diverses techniques… « Exit l’âme comme vie intérieure secrète et inviolable » !
Dépouillé successivement de ses composantes « esprit » et « âme », l’homme est aujourd’hui réduit à sa seule existence matérielle. Les conséquences tragiques qui en découlent peuvent se mesurer quotidiennement.


Ce n’est qu’en tenant compte de « l’être humain » dans sa totalité, que nous arriverons à mieux nous comprendre nous-mêmes, par là aussi à être en empathie avec les autres. C’est dans cette approche « identitaire » avec les autres, que se dessineront aussi les besoins sociaux et que pourront être trouvées des solutions vraiment adaptées.

Le grand penseur visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a proposé à travers son enseignement une nouvelle image de l’homme. Son « Anthroposophie » ou « science de l’esprit » expose une analyse en profondeur de l’identité et de la vocation humaines. Pour toutes les personnes en recherche, cette approche ouvre vraiment de nouvelles perspectives. Le site http://radher@free.fr va dans ce sens et propose des textes inédits du Dr. H.E. Lauer 1899-1979 (un élève de R. Steiner) qui a consacré une vie entière à se pencher sur les problèmes de la société actuelle.

16.04.2007

Retrouver son identité profonde ? Une nouvelle prise de conscience ?

Il existe un site intitulé "Anthroposophie et Christianisme", sur free (http://radher.free.fr), qui trace une vision du Christ très éloignée de celle d'un historien tel Ernest Renan ou encore de celle des représentants du christianisme officiel. Ces derniers se limitent la plupart du temps à esquisser le portrait de "Jésus de Nazareth", l'homme "simple et humble", qui parle souvent par paraboles, s'attirant l'inimitié des religieux officiels. Cette approche "historique et physique" estompe parfois l'essentiel : la dimension cosmique, transcendante de "Jésus-Christ" le ressuscité. Rudolf Steiner, le philosophe et penseur visionnaire autrichien, qui a fondé au siècle dernier l'Anthroposophie ou "science de l'esprit", présente le Christ comme "le centre de tout l'univers" : Il est le "Logos" évoqué au début de l'Evangile de St-Jean, "Il est à l'origine de tout ce qui est, donc aussi de l'humanité, qu'Il accompagne, qu'Il conduit à travers toute l'évolution, toute l'histoire des hommes. Teilhard de Chardin avait, lui aussi, esquissé une évolution initiée et guidée par l'Entité christique.

L'Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner est à la fois un enseignement touchant les origines et la nature spirituelle de l'être humain, le sens de l'évolution, la vocation humaine dans son cheminement terrestre et aussi un chemin libre d'initiation, pour toutes celles et ceux qui veulent trouver une réponse à la question essentielle: qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ? L'étude des ouvrages de Rudolf Steiner, qui abordent des domaines aussi variés que l'éducation, la médecine, l'agriculture, le domaine des activités sociales, la Christologie etc...(plus de 450 livres et publications diverses, reprenant pour une grande part, les centaines de conférences publiques tenues par R. Steiner), permet, en toute liberté, une progression vers une prise de conscience sans cesse élargie. Dans un ouvrage fondamental intitulé "La philosophie de la liberté", Rudolf Steiner analyse en profondeur la nature, l'étendue et la fonction de la pensée humaine. Il devient évident (et chaque individualité pourra elle-même en faire l'expérience), que l'être humain ne peut être libre que dans sa possibilité de "maîtriser son "penser" : choisir lui-même librement le "contenu de sa pensée", approfondir ce contenu par un acte libre et volontaire, pour parvenir à une connaissance approfondie des êtres et des évènements.

Loin de toute contrainte, de tout dogmatisme, de toute volonté de domination, Rudolf Steiner encourage chaque individualité à accorder une confiance totale en sa capacité de pouvoir "penser" et "réfléchir", en profondeur et par là , accéder à de nouvelles connaissances. Ces connaissances 'trouvées et mûries" en soi-même prendront pour elle le caractère de "découvertes', de "révélations" qui seront "ses convictions personnelles", ses "évidences" plus convaincantes que toute preuve matérielle tangible. "Plus nous réfléchirons, plus nous prendrons conscience de notre véritable identité, de la signification des évènements qui nous entourent...Nous y discernerons les symptômes des défis de notre temps, les problèmes qui ne pourront être solutionnés que si nous nous concentrons sur l'être humain dans sa totalité : l'être humain est "trinitaire" , il est un "corps physique" + "une âme"(sa vie intérieure, ses sentiments, ses joies et souffrances intérieures etc..) + "un esprit" (sa faculté de se mettre en osmose, par sa pensée, avec les mondes supra-sensibles).

Il devient tout à fait évident, logique, que notre société, à l'avenir, ne pourra changer que par une prise de conscience individuelle, loin de tout "esprit de groupe", de toute influence extérieure. Dans cette approche, toute forme de guerre religieuse sera écartée. Dans l'enseignement de Rudolf Steiner, c'est le Christ qui est fédérateur de l'humanité : "le Christ est mort et ressuscité pour tous les hommes" (donc aussi pour les athées, agnostiques et fidèles d'autres religions). Le "Mystère du Golgotha" transgresse le temps et l'espace, touche l'humanité entière... Le Christ accompagne chaque être humain, quelles que soient sa culture, sa race, sa religion. Et ce cheminement dépasse largement le cadre d'une seule vie humaine...

L'Anthroposophie ne saurait être dissociée du Christ. C'est précisément dans cette optique, que "la science de l'esprit" (une ineptie pour l'approche kantienne "scientifique") devient une réalité. Le livre passionnant de Hans Erhard Lauer, un élève de Rudolf Steiner, intitulé "L'Anthroposophie et l'avenir du Christianisme", décrit le rapport du Christ à l'humanité. L'être humain contemporain, placé dans un monde "scientifique" qui propose des connaissances, éprouve de plus en plus de difficultés à "croire le fait religieux". Le livre magistral de H.E. Lauer prouve que "sciences et spiritualité" sont conciliables, à condition d'avoir la bonne approche.

Ce message veut encourager toutes celles et tous ceux qui "sont en recherche", qui "veulent comprendre" qui s'interrogent sur le sens de la vie humaine, le sens de la mort, de la nature et du sens de l'amour, à lire des ouvrages de R. Steiner (qui ont été traduits dans toutes les langues) . Le site déjà mentionné plus haut (http://radher.free.fr), donne tous les détails sur l'oeuvre de R. Steiner et celle de H.E. Lauer. Il ouvre aussi la possibilité de poser des questions et de faire des commentaires.

"La vérité devra continuellement être annoncée aux hommes sous de nouvelles formes et en d'autres termes. Car les besoins de l'humanité changent d'époque en époque. La nôtre réclame une révélation nouvelle, une expression nouvelle de cet évènement décisif pour toute l'évolution : l'évènement christique. C'est cette nouvelle forme d'annonciation que l'Anthroposophie souhaite apporter". Rudolf Steiner

"Il est à espérer que, si loin que puisse aller l'humanité sous l'influence du matérialisme, dans le rejet des anciennes représentations du Christ, la nouvelle science spirituelle rendra le Christ à l'humanité. Car cette science spirituelle n'en parle pas par référence à des théories, mais en se souvenant de la parole même du Christ : "Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps". Depuis le "Mystère du Golgotha", le Christ est là, autour de nous. Nous pouvons le trouver dans le monde où nous sommes, où Il est présent, non sous une forme physique, mais en tant qu'Entité spirituelle". Rudolf Steiner

12.04.2007

"L'affaire du tombeau de Jésus"...Un symptôme de notre temps

La tombe de Jésus découverte ?
Une polémique sur le choix : Jésus ou Jésus-Christ ?

En février 2007 le « Figaro » écrivait : « la présentation du documentaire La tombe perdue de Jésus, réalisé par l’Américain James Cameron, à qui l’on doit Titanic et Terminator, a déclenché une vive polémique en Terre Sainte ».
Quelle était la source de ce débat ?

En 1980 des archéologues américains et israéliens avaient découvert - en se basant soi-disant sur les « sources historiques » des Evangiles – lors de fouilles dans le quartier de Talpiot situé à quelques kms de la vieille ville de Jérusalem, un tombeau portant, parmi d’autres inscriptions, celle de « Jésus fils de Joseph »…A partir de là, poussés par des motivations pour le moins contestables, certains « spécialistes » présentèrent bientôt leurs hypothèses assez fantaisistes, comme des preuves scientifiques…Ces spéculations, soutenues par des médias peu scrupuleux, furent rapidement « formatées » et présentées comme des « découvertes sensationnelles » mettant en doute ce qui forme la base-même du Christianisme, à savoir la résurrection de Jésus/Christ.
Cette « remise en cause » se concrétisa, outre des articles divers publiés à cet effet, dans la réalisation d’un documentaire produit par James Cameron et réalisé par l’Israélien Simcha Jacobovici. Le lancement du film profita de la « longue expérience hollywoodienne » experte en publicité et marketing. Nul n’a oublié les efforts qui furent déployés pour le lancement de films tels « La dernière tentation du Christ », « Titanic » ou « Da Vinci Code »…Pour souligner le « courage et l’intégrité de son propos », James Cameron n’hésite pas à affirmer, lors d’une conférence de presse à la Public Library de New York : « En tant que documentariste, je ne dois pas avoir peur de chercher la vérité… » en ajoutant la présence de « preuves tangibles et inédites » de l’existence physique de Jésus…
Ce « documentaire » se présente comme un véritable « scoop » et sera très rapidement programmé sur la chaîne câblée Discovery Channel. Et personne ne saurait contester le « caractère exceptionnel » du film : présenter pour la première fois le « tombeau de Jésus, de Marie-Madeleine (son épouse..) et de « leur fils » Judas… ! Une « tombe familiale » ordinaire comme il y en a tant en Israel…Cette « révélation » est d’autant plus sensationnelle qu’elle pourrait, de par sa symbolique, être traduite par « que de choses, en peu de mots, sont dites .. ! « Jésus, un juif ordinaire, enterré avec son épouse et leur fils »…Balayée tout velléité de Christianisme, toute espérance en un " Jésus-Christ ressuscité !".
Nous laissons aux lectrices et lecteurs intéressés par les détails de « l’affaire de la tombe de Jésus », le soin de s’informer directement sur ce sujet sur les nombreux sites sur internet.
Les « preuves » pseudo-scientifiques évoquées par le documentaire de James Cameron ont été largement réfutées depuis par le monde scientifique. Un professeur de mathématique de l’université de Toronto a calculé que la probabilité que le tombeau de Talpiot soit celui de Jésus est de 600 contre 1 !!



Ce qui nous semble bien plus significatif, ce sont les polémiques que ce soit-disant « scoop » a occasionnées.
Au-delà du « fait divers » et de « l’effet d’annonce », les passions et les affrontements suscités sont autant de symptômes d’une société qui cherche ses repères. « L’affaire du tombeau » est devenue la pierre d’achoppement où « croyants et non-croyants » défendent farouchement leurs points de vue.
Et ces affrontements sont révélateurs de notre monde actuel où le regard et la dynamique matérialistes envahissent de plus en plus le monde, avec tous les effets de déshumanisation qui en découlent. Dans les sociétés humaines, athées et croyants de toutes obédiences, se trouvent confrontés à la précarité et aux peurs qui en découlent. Les premiers sombrent souvent dans la dépression ou se défoulent dans la violence…les seconds survivent souvent grâce à une espérance de transcendance, de protection, d’immortalité, en s’appuyant sur « leur religion » ou « leur spiritualité personnelle ».

Lors de discussions passionnées les « certitudes personnelles » s’affrontent, les doutes intimes se traduisent souvent par des comportements d’ironies, parfois de violences. On s’accroche à ses certitudes comme à une bouée de sauvetage. Le matérialiste, l’athée dénonceront toutes formes de religion ou de croyance comme une fuite devant la réalité, comme une réponse illusoire de l’individu qui a peur devant une mort inéluctable inscrite dans son futur. Face au « réalisme matérialiste », le « croyant » ne peut que se réfugier dans « son intime conviction » qui peut être mise à rude épreuve lors d’évènements douloureux dans sa vie. Les points de vue du « scientifique » par vocation tributaire de la réalité matérielle et du « croyant » par tradition ou conviction semblent donc a priori inconciliables. Dans un passé pas tellement lointain, cela ne fut pas toujours le cas. Les « ancêtres » des scientifiques admettaient encore deux réalités spécifiques, celle du physique et celle du spirituel. Le philosophe allemand E. Kant (1724-1804) fut le premier à dissocier la réalité matérielle objective qui est le domaine d’études des sciences et le « domaine spirituel » qui est du ressort du « subjectif » donc du non- vérifiable, donc par là-même du « non-réel. Depuis, l’approche scientifique est devenue essentiellement matérielle : tout ce qui ne peut être étudié concrètement, analysé, disséqué, soumis à l’expérimentation reproductible, n’existe pas. Le spirituel n’a pas d’existence matérielle, donc il est une fiction pour le scientifique…
Dans cette dynamique, le « croyant » n’a aucune crédibilité, puisqu’il ne peut « prouver ou démontrer » ce qu’il affirme. Et «le scientifique » pourra même affirmer que les sciences ont un caractère d’universalité, parce qu’elles se basent sur l’objectivité. Au-delà des affrontements des « thèses scientifiques qui devront prouver leur caractère de véracité par l’expérimentation », les scientifiques pourront toujours s’accorder, parce que leur approche est basée sur la réalité matérielle qui est la même pour tous. Cela n’est certes pas le cas parmi « les croyants » dont les « articles de foi » sont aussi divers que divergents voire contradictoires ! Leur seul point commun est l’affirmation d’une transcendance que personne ne peut cependant « prouver ». Cette situation fait que cette incapacité peut pousser des croyants à des réactions de violence, en cas de conflits.

« L’affaire du tombeau » est symptomatique pour ce genre de conflit. Quels sont les acteurs de ce conflit ? D’abord ceux qui sont à l’origine de « la provocation » : des archéologues, James Cameron (un représentant de « l’organisation médiatique hollywoodienne » , Simcha Jacobovici le réalisateur israélien (non chrétien) et divers spécialistes des médias plus préoccupés par le business que par le souci de vérité…Le « documentaire » n’est donc, a priori, pas réalisé par des sujets en sympathie ou en empathie avec le monde chrétien. Prouver l’existence matérielle de la « tombe quasi familiale » de Jésus, c’est détruire du même coup toutes les bases de la foi chrétienne , selon la lettre de Saint-Paul (I.Cor.,14/15) : « Mais si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi notre foi….. ».

Face à cette menace mortelle, le monde chrétien ne peut que s’insurger avec véhémence. Cependant les représentants et responsables de la mouvance chrétienne sont dans une situation de plus en plus difficile. Dans un monde matérialiste, de plus en plus de croyants sont pris de doutes, sont déstabilisés face à un monde scientifique qui se fait fort de tout démontrer, surtout quand il s’agit de prouver que « seul le matériel est vrai » ! Dans le monde dit moderne, l’individu est sans cesse placé devant le dilemme : se plier « aux certitudes affichées des scientifiques » et trahir ses convictions (ou espérance intérieure), ou conserver sa foi quitte à vivre dans une continuelle duplicité ? L’évidente suprématie du monde physique, la réalité directe, emportera toujours, dans un premier temps, une victoire sur le spirituel. Et à tout moment le croyant sera placé devant cette « tentation ». Ce qui pousse les responsables religieux à plus de vigilance, parfois à l’intégrisme et ses dérives…
Dans notre monde occidental, les conséquences d’un matérialisme qui a envahi toutes les activités sociales, se révèlent de plus en plus fatales pour l’individu. Déstabilisés dans une société souvent déshumanisée, les hommes sont en nombre croissant en « recherche de spiritualité », en « quête de connaissance sur le sens de leur vie ». Certains se dirigent vers le Bouddhisme ou d’autres spiritualités orientales, d’autres vers des sectes diverses…Ce phénomène traduit pragmatiquement que l’être ne se réalise pas dans l’unique matérialité.

« L’affaire du tombeau » est bien révélatrice de l’affrontement entre le matérialisme athée qui met tous ses efforts à vouloir « démontrer » l’ineptie d’une prétention à une quelconque transcendance, et les « spiritualistes » qui défendent avec acharnement leur « foi » qui est pour eux un besoin profond et vital. Les premiers s’appliquent à réduire le « fait christique » à la seule dimension physique, donc éphémère de « Jésus de Nazareth ». Les seconds affirment leur foi en « Jésus-Christ » c.à d. en « Jésus-homme mort sur la croix, enterré et ressuscité comme Christ Rédempteur pour tous les hommes ». La différence est de poids et explique les émotions des tenants et adversaires du Christianisme !

Sciences et spiritualité sont-elles irréconciliables ? L’attitude « kantienne » est-elle fondée à jamais, est-elle irréversible ?
Peut-on introduire de la science dans la spiritualité et inversement redonner à la science une approche spirituelle ?
Cela semble irréaliste…Et pourtant…L’œuvre de Teilhard de Chardin (1881-1955) s’efforce de rapprocher spiritualité et science. De même, l’écrivain et philosophe visionnaire Rudolf Steiner (1861-1925) a fondé une « science spirituelle » qualifiée aussi « d’Anthroposophie » (du grec Anthropos=l’homme et Sophia=sagesse/ donc lit. « la sagesse de l’homme »). Dans des centaines de conférences (publiées dans plus de 450 livres et publications diverses, accessibles au grand public), R. Steiner a ouvert des perspectives nouvelles où science et spiritualité se complètent au lieu de s’affronter. Pour lui l’aspect physique et l’aspect spirituel, loin d’être contradictoires, sont complémentaires. En fait, les deux côtés d’une seule et même médaille. La réalité matérielle qui est tenue comme la seule vraie, parce que tangible et visible à l’œil humain est, selon l’enseignement de R. Steiner « sous-tendue « par la « réalité spirituelle »qui en est la véritable origine.

L’approche de Rudolf Steiner éclaire aussi d’une lumière toute nouvelle la compréhension du Christ qui, selon lui, au-delà des confessions diverses, est une « force spirituelle cosmique » qui est non seulement la force d’Amour fondatrice de l’être humain, mais aussi l’Esprit qui le guide au cours de son évolution. Un élève de Rudolf Steiner, Hans Erhard Lauer (1899-1979), a écrit un livre fondamental sur ce sujet : « L’Anthroposophie et l’avenir du Christianisme ». Les sujets abordés dans ce livre sont de la plus grande importance et répondent parfaitement aux interrogations de notre temps. Pour celles et ceux qui sont curieux d’aborder ces thèmes, nous recommandons le site sur free : http .//radher.free.fr
Ce site intitulé « Anthroposophie et Christianisme » est très intéressant car il est ouvert à tous et permet aussi – si besoin est – de poser des questions et de recevoir des réponses individuelles, en toute confidentialité. Il donne aussi des informations sur l’œuvre de R. Steiner ainsi qu’une courte biographie de H. E. Lauer.

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