09.11.2007

LA CULTURE DE LA PEUR ?

Dès l’aube de l’humanité la peur était présente dans l’âme humaine. Face aux forces de la nature, à un environnement hostile, l’être humain a très vite pris conscience de sa propre fragilité. Peur de l’inconnu, de la souffrance, de la mort. Les peuplades primitives conseillées par leurs anciens, ont alors instinctivement, poussées par une sorte d’atavisme, « fait allégeance aux dieux de la nature ». Le soleil, la lune, les étoiles, le tonnerre, la pluie etc. étaient pour leur conscience des « puissances » qui les dépassaient…Le fait de se concilier les bonnes grâces de ces forces supérieures apaisait leurs craintes et leur permettait de vivre dans l’espérance de leur protection.
Plus tard dans l’évolution humaine, les « guides » des différents peuples initièrent les religions , en établissant des règles de conduite, des lois sociales et morales inspirées par les puissances d’en-haut. Ces guides étaient des personnalités qui avaient suivi un chemin d’initiation tenu secret et adapté à un environnement géographique et à un peuple spécifique. Le livre « Les grands initiés » du grand écrivain français Edouard Schuré retrace magistralement l’histoire secrète des religions. Il y décrit Rama -le Cycle aryen-, Krishna -l’Inde et l’initiation brahmanique-, Hermès -les mystères d’Egypte-, Moïse -la Mission d’Israël-, Orphée -les mystères de Dionysos, Pythagore -les mystères de Delphes-, Platon -les mystères d’Eleusis- et pour finir Jésus -la mission du Christ-. Les « Mystères » de l’Antiquité étaient réservés à des individualités qui devaient répondre à certains critères et subir toutes sortes d’épreuves quant à leur endurance physique, psychologique, morale. A l’issu d’un enseignement secret qui pouvait durer de nombreuses années, l’élève initié était investi d’une mission religieuse, culturelle, pour un peuple spécifique. Il est intéressant de constater que Moïse qui avait pour mission d’instruire le peuple judaïque et le guider vers la « terre promise », avait été instruit dans les « mystères égyptiens ». Bouddha et la religion tibétaine s’inscrivent dans le cadre de l’initiation de l’Inde. On pourrait aussi évoquer la culture chaldéenne ou perse. L’avènement de « l’évènement christique » qui s’est déroulé en orient et qui a donné naissance au christianisme, a très fortement influencé la culture occidentale au point de devenir son calendrier de référence : notre histoire parle de dates avant et après Jésus-Christ. La religion de l’islam est venue plus tard, instaurée par le prophète Mahomet.
Dans toutes ces cultures, la spiritualité était présente sous différentes formes. Les hommes et femmes étaient convaincus que la terre où ils vivaient ne représentait qu’une part de la réalité. La certitude de leur fragilité et de leur mortalité inéluctable sur terre les poussait à croire à l’existence d’un « ailleurs » (ou ciel) où ils continueraient à vivre une vie éternelle et heureuse. Cette conviction leur permettait de surmonter les difficultés de la vie quotidienne et nourrissait leur vie intérieure.
Les alchimistes, les précurseurs des « savants », étaient convaincus que la matière n’était que l’aspect physique d’une réalité fondamentalement spirituelle. La transcendance était pour eux une certitude qu’il s’agissait d’étudier au contact du monde matériel et d’approfondir. La recherche de la « pierre philosophale » était aussi un chemin d’initiation, une « quête du graal », dans la terminologie du Moyen Age : une voie vers la connaissance de sa propre identité profonde. La pensée de l’alchimiste était dominée par l’idée que portait déjà les sages antiques dont Hermes Trismégiste : le microcosme et le macrocosme sont les deux aspects d’une même réalité. Pour lui la terre et ses créatures sont l’œuvre d’un démiurge de nature spirituelle (le Dieu créateur du monde, de l’univers selon Platon).
Au courant du 16ème siècle, au temps des découvertes des « nouveaux continents », quand les sciences prennent leur essor grâce aux inventions tels le microscope ou le télescope, les savants commencent à s’intéresser « scientifiquement » à l’infiniment petit et grand. La curiosité s’éveille et l’émerveillement reste associé à un respect pour tout ce qui existe. Cette approche reste accompagnée, pour le plus grand nombre, d’une croyance en une transcendance, à l’existence d’une réalité spirituelle invisible à l’oeil humain, mais cependant plus que probable. Même un Voltaire, par ailleurs très critique envers les religions, parlait encore du « grand horloger » qui règle les lois de l’univers.
Puis, peu à peu, le savant limite sa « certitude » à celle définie par sa méthode de travail axée sur la matérialité. Les méthodes d’investigation évoluent rapidement et conduisent à des progrès impressionnants. La pensée scientifique porte beaucoup de fruits. Le progrès change la vie des hommes mais aussi, radicalement, l’approche de la spiritualité. Alors qu’autrefois la spiritualité faisait partie de la vie quotidienne et n’était guère mise en doute, la société occidentale devient peu à peu matérialiste. Depuis E. Kant la spiritualité est laissée à l’appréciation individuelle non scientifique : c’est le domaine de la croyance, de la foi.
Au 20ème siècle, surtout après la deuxième guerre mondiale, la science s’est étendue à tous les domaines de la vie sociale. Elle est devenue incontournable et son approche matérielle justifiée a fait reculer de plus en plus la spiritualité. Les sciences n’ont plus à prouver leur utilité et leur efficacité. Dès lors, l’existence d’une « métaphysique », d’un « monde spirituel » est devenue plus qu’hypothétique. Pour un grand nombre de personnes, les écrits sacrés des grandes religions sont relégués au rang de documents certes intéressants mais aussi très contestables. L’homme moderne est devenu un « Thomas » (évoqué dans les Evangiles) actualisé : il ne croit que ce qu’il voit ! La seule réalité pour lui est celle de la matérialité et du monde tangible. Comment « croire » à un Dieu démiurge que personne n’a jamais vu, hormis quelques « illuminés » dont le témoignage ne vaut que pour eux seuls ?...
Au début de notre 21ème siècle, la radicalisation des points de vue est devenue encore plus apparente : les religions souvent désertées se réfugient de plus en plus dans le conservatisme, parfois l’intégrisme. Le monde matérialiste au fil de sa progression vertigineuse a généré un nombre incalculable d’athées et dans le meilleur des cas d’agnostiques. A la place des religions qui marquaient autrefois la vie sociale, la pensée scientifique a pris la relève, avec ses propres visions, ses propres interprétations, ses propres dogmes. Bien des personnes, aujourd’hui, placent tous leurs espoirs, leur avenir, dans la science. Cette dernière promet des avancées dans tous les domaines : la médecine, la psychologie, la psychiatrie, l’éducation, l’alimentation, la production et la gestion des richesses. A tout moment, grâce à toutes sortes d’évaluations chiffrées -preuves considérées comme irréfutables et absolues dans le monde contemporain- on confère une sorte de réalité à ce qui est du domaine encore très hypothétique. En fait, dans cette approche, l’évaluation chiffrée revêt un statut équivalent à la vérité.
Il ne s’agit ici nullement de porter un jugement unilatéral et définitif sur cet aspect du monde actuel, plus précisément de l’occident. Mais il faut caractériser les faits et étudier leurs conséquences sur la vie sociale. Un des symptômes indéniables d’une crise dans la société actuelle est le nombre sans cesse croissant de maladies psychiques diverses, de dépressions, de suicides. Dans tous les domaines de la vie sociale éclatent des révoltes, des manifestations pour toutes sortes de causes que nous apprenons au travers des médias. Le dénominateur commun à tous ces phénomènes a un nom : la peur. Elle marque de son empreinte de plus en plus de gens, pour des raisons diverses et compréhensibles : peur de l’avenir, de la maladie, de la mort, du chômage, du surendettement, de la guerre, de la pénurie etc. Malgré une médecine qui a fait d’énormes progrès et qui en promet encore de plus importants dans l’avenir, malgré les statistiques qui prouvent l’allongement constant de la durée de vie, la peur n’a pas été éradiquée ou même atténuée. Le doute reste permanent : n’avait-on pas affirmé au début du siècle dernier déjà, que le progrès ouvrirait à toute l’humanité des horizons nouveaux, un avenir où toutes les maladies seraient éradiquées, où les machines travailleraient pour les hommes et que ces derniers connaîtraient un bonheur parfait…Or l’actualité démontre tout le contraire : les sciences sont souvent devenues les auxiliaires volontaires ou involontaires d’un monde où l’avidité du profit matériel, l’incitation à la consommation sont devenues prioritaires. Le résultat désastreux est plus apparent chaque jour. Par une concurrence acharnée préconisée par une économie en quête permanente de profits, la société se déshumanise, les menaces d’affrontements entre ceux qui possèdent et ceux qui sont démunis promettent des lendemains difficiles. La peur s’installe à tous les niveaux de la société et devient un enjeu politique majeur.
S’il est avéré qu’autrefois les populations connaissaient aussi des peurs, des temps très difficiles où sévissaient des maladies, des épidémies, des famines, des guerres, la société vivait cependant dans une autre culture, une autre approche des difficultés de la vie. Le plus grand nombre adhérait encore à une religion, une foi, une croyance qui, à défaut de leur promettre le paradis sur terre, leur donnait une espérance en une éternité, un au-delà où les bons seraient récompensés et les méchants punis. Cette vision les aidait à vivre et à supporter les aléas d’une existence difficile et sans cesse menacée. Le matérialisme de notre temps a focalisé l’attention d’une majorité de femmes et d’hommes de notre société sur la réalité matérielle devenue seule digne d’attention. La conséquence inévitable c’est la négation des réalités non matérielles, non tangibles et une vie intérieure qui n’est plus que le triste reflet de la vie de tous les jours avec ses tristesses et ses désespérances. L’âme humaine, dans un monde où règne uniquement une vision matérialiste de l’existence, est réduite à n’être perçue que comme une résultante de la vie organique. A ce titre, ce que le commun des mortels appelle « âme » peut être influencée par la psychologie, l’utilisation de psychotropes. Sous cet aspect, la spiritualité, la transcendance deviennent superflues. Pour ceux qui mettent toute leur espérance dans le pouvoir de la science, la seule « immortalité » qui reste, dans un avenir lointain, est la promesse d’une éventuelle modification génétique de l’être humain qui lui permettrait de vivre éternellement. Cet « espoir » a-t-il assez de pouvoir pour aider l’homme d’aujourd’hui à affronter les difficultés de l’existence ? Il est permis d’en douter.
Le grand penseur visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) avait vécu le tournant de la société du début du 20ème siècle qui, emportée dans l’euphorie des triomphes de la science sans cesse grandissante, a peu à peu glissé dans une vision matérialiste des êtres et des évènements. Il avait analysé en profondeur tous les risques de ces changements. Son enseignement qui a abordé tous les domaines de la vie sociale, a souligné que l’être humain n’était pas seulement un être matériel mais avant tout un être spirituel incarné dans un monde matériel. Il a proposé un chemin d’initiation permettant de comprendre cette réalité. Il a aussi indiqué des voies qui permettraient de renouveler la vie sociale sous tous ses aspects, en tenant compte de la véritable nature de l’être humain. Sa vie intérieure, « ce qui l’anime », son âme, déterminent son attitude dans la vie de tous les jours. Selon que son âme est nourrie de « bonnes visions », de sentiments nobles, d’amour, elle donnera à l’individu une sécurité intérieure, une sérénité, une attitude positive face aux réalités du quotidien. Si cette âme est nourrie d’images non positives pour l’être humain ou si elle est vide de toute forme de spiritualité, elle devient malade et les symptômes extérieurs de ce disfonctionnement se révèleront dans des formes d’agressivité, de violence, toutes deux expressions conscientes ou inconscientes de la peur. Face aux défis de notre temps, il est indispensable, selon Rudolf Steiner, que l’être humain découvre sa véritable identité profonde, qui est d’essence spirituelle. L’anthroposophie, initiée par lui, appelée aussi la science de l’esprit, propose un enseignement accessible à tous, pour comprendre le monde qui nous entoure et les êtres qui y vivent. Il est regrettable que l’œuvre de Rudolf Steiner soit encore ignorée par beaucoup de nos compatriotes. Loin de nier les bienfaits des sciences, ce penseur et initié en souligne la nécessité pour que les individualités exercent leur prise de conscience et l’élargissent progressivement. Il souligne que le passage de la société par une vision matérialiste est justifié et même nécessaire pour que la pensée humaine en perçoive l’étendue et aussi les limites. Après cette étape nécessaire à son développement, l’être humain doit peu à peu faire l’expérience que la seule vision matérialiste laisse son âme inassouvie. Ce vide dans l’âme peut conduire à la dépression voire au suicide, ces fléaux de notre temps qui sévissent à tous les âges de la vie. L’Anthroposophie peut ouvrir notre conscience sur des aspects nouveaux de l’être humain et de ses véritables origines. Cette connaissance nouvelle qui touche l’essence de notre être peut changer notre vision de la vie et nous donner la force nécessaire pour devenir avec les autres, des bâtisseurs d’avenir. Il s’agit d’affronter les défis de la vie, sans peur, en décelant derrières les phénomènes du temps, les ressorts d’une humanité en évolution constante. Celle-ci est appelée à devenir de plus en plus consciente sur les exigences du monde actuel pour agir pour le bien de tous, en respectant la terre sur laquelle nous nous incarnons et que nous devons préserver car elle nous été « prêtée » par des « entités spirituelles » pour que nous puissions y évoluer. Au centre de son enseignement, Rudolf Steiner a exposé dans de nombreuses conférences, la nature et l’importance de l’entité spirituelle que le monde chrétien appelle « Christ ». Loin d’être la propriété exclusive du monde chrétien, cette entité a une importance pour toute l’humanité.
Un élève proche de Rudolf Steiner, Hans Erhard Lauer (1899-1979) a appliqué les méthodes d’investigation et de recherche proposées par l’Anthroposophie dans divers domaines de la vie sociale et montré qu’elles ouvraient des possibilités nouvelles et nombreuses pour solutionner les problèmes de notre temps. Son livre « L’anthroposophie et l’avenir du christianisme », qui reprend l’enseignement de Rudolf Steiner, expose clairement la place que tient le Christ dans l’évolution de l’humanité. Dans cette démarche, il rejoint les recherches de Teilhard de Chardin, en allant néanmoins bien plus loin que lui, en abordant la question très controversée de la réincarnation. Son étude, en se basant sur l’analyse de Rudolf Steiner, va bien au-delà de l’histoire du christianisme, de la chrétienté, pour exposer que « l’impulsion christique » concerne tous les êtres humains, qu’ils en aient conscience ou non. Pour celles et ceux qui voudraient approfondir cette question essentielle, nous conseillons vivement le site radher.free.fr intitulé « Anthroposophie et Christianisme » qui donne des renseignements détaillés sur l’auteur et son livre.
Les paroles du pape Jean-Paul II, reprises par bien d’autres (dont des hommes politiques) : « n’ayez pas peur » (qui sont à l’origine les propos de Jésus-Christ, selon les évangiles), sont plus que jamais d’une actualité brûlante. La question primordiale est de savoir comment surmonter la peur ? L’œuvre de Rudolf Steiner répond parfaitement à cette préoccupation. Libre à nous de saisir cette opportunité.

16.04.2007

Retrouver son identité profonde ? Une nouvelle prise de conscience ?

Il existe un site intitulé "Anthroposophie et Christianisme", sur free (http://radher.free.fr), qui trace une vision du Christ très éloignée de celle d'un historien tel Ernest Renan ou encore de celle des représentants du christianisme officiel. Ces derniers se limitent la plupart du temps à esquisser le portrait de "Jésus de Nazareth", l'homme "simple et humble", qui parle souvent par paraboles, s'attirant l'inimitié des religieux officiels. Cette approche "historique et physique" estompe parfois l'essentiel : la dimension cosmique, transcendante de "Jésus-Christ" le ressuscité. Rudolf Steiner, le philosophe et penseur visionnaire autrichien, qui a fondé au siècle dernier l'Anthroposophie ou "science de l'esprit", présente le Christ comme "le centre de tout l'univers" : Il est le "Logos" évoqué au début de l'Evangile de St-Jean, "Il est à l'origine de tout ce qui est, donc aussi de l'humanité, qu'Il accompagne, qu'Il conduit à travers toute l'évolution, toute l'histoire des hommes. Teilhard de Chardin avait, lui aussi, esquissé une évolution initiée et guidée par l'Entité christique.

L'Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner est à la fois un enseignement touchant les origines et la nature spirituelle de l'être humain, le sens de l'évolution, la vocation humaine dans son cheminement terrestre et aussi un chemin libre d'initiation, pour toutes celles et ceux qui veulent trouver une réponse à la question essentielle: qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ? L'étude des ouvrages de Rudolf Steiner, qui abordent des domaines aussi variés que l'éducation, la médecine, l'agriculture, le domaine des activités sociales, la Christologie etc...(plus de 450 livres et publications diverses, reprenant pour une grande part, les centaines de conférences publiques tenues par R. Steiner), permet, en toute liberté, une progression vers une prise de conscience sans cesse élargie. Dans un ouvrage fondamental intitulé "La philosophie de la liberté", Rudolf Steiner analyse en profondeur la nature, l'étendue et la fonction de la pensée humaine. Il devient évident (et chaque individualité pourra elle-même en faire l'expérience), que l'être humain ne peut être libre que dans sa possibilité de "maîtriser son "penser" : choisir lui-même librement le "contenu de sa pensée", approfondir ce contenu par un acte libre et volontaire, pour parvenir à une connaissance approfondie des êtres et des évènements.

Loin de toute contrainte, de tout dogmatisme, de toute volonté de domination, Rudolf Steiner encourage chaque individualité à accorder une confiance totale en sa capacité de pouvoir "penser" et "réfléchir", en profondeur et par là , accéder à de nouvelles connaissances. Ces connaissances 'trouvées et mûries" en soi-même prendront pour elle le caractère de "découvertes', de "révélations" qui seront "ses convictions personnelles", ses "évidences" plus convaincantes que toute preuve matérielle tangible. "Plus nous réfléchirons, plus nous prendrons conscience de notre véritable identité, de la signification des évènements qui nous entourent...Nous y discernerons les symptômes des défis de notre temps, les problèmes qui ne pourront être solutionnés que si nous nous concentrons sur l'être humain dans sa totalité : l'être humain est "trinitaire" , il est un "corps physique" + "une âme"(sa vie intérieure, ses sentiments, ses joies et souffrances intérieures etc..) + "un esprit" (sa faculté de se mettre en osmose, par sa pensée, avec les mondes supra-sensibles).

Il devient tout à fait évident, logique, que notre société, à l'avenir, ne pourra changer que par une prise de conscience individuelle, loin de tout "esprit de groupe", de toute influence extérieure. Dans cette approche, toute forme de guerre religieuse sera écartée. Dans l'enseignement de Rudolf Steiner, c'est le Christ qui est fédérateur de l'humanité : "le Christ est mort et ressuscité pour tous les hommes" (donc aussi pour les athées, agnostiques et fidèles d'autres religions). Le "Mystère du Golgotha" transgresse le temps et l'espace, touche l'humanité entière... Le Christ accompagne chaque être humain, quelles que soient sa culture, sa race, sa religion. Et ce cheminement dépasse largement le cadre d'une seule vie humaine...

L'Anthroposophie ne saurait être dissociée du Christ. C'est précisément dans cette optique, que "la science de l'esprit" (une ineptie pour l'approche kantienne "scientifique") devient une réalité. Le livre passionnant de Hans Erhard Lauer, un élève de Rudolf Steiner, intitulé "L'Anthroposophie et l'avenir du Christianisme", décrit le rapport du Christ à l'humanité. L'être humain contemporain, placé dans un monde "scientifique" qui propose des connaissances, éprouve de plus en plus de difficultés à "croire le fait religieux". Le livre magistral de H.E. Lauer prouve que "sciences et spiritualité" sont conciliables, à condition d'avoir la bonne approche.

Ce message veut encourager toutes celles et tous ceux qui "sont en recherche", qui "veulent comprendre" qui s'interrogent sur le sens de la vie humaine, le sens de la mort, de la nature et du sens de l'amour, à lire des ouvrages de R. Steiner (qui ont été traduits dans toutes les langues) . Le site déjà mentionné plus haut (http://radher.free.fr), donne tous les détails sur l'oeuvre de R. Steiner et celle de H.E. Lauer. Il ouvre aussi la possibilité de poser des questions et de faire des commentaires.

"La vérité devra continuellement être annoncée aux hommes sous de nouvelles formes et en d'autres termes. Car les besoins de l'humanité changent d'époque en époque. La nôtre réclame une révélation nouvelle, une expression nouvelle de cet évènement décisif pour toute l'évolution : l'évènement christique. C'est cette nouvelle forme d'annonciation que l'Anthroposophie souhaite apporter". Rudolf Steiner

"Il est à espérer que, si loin que puisse aller l'humanité sous l'influence du matérialisme, dans le rejet des anciennes représentations du Christ, la nouvelle science spirituelle rendra le Christ à l'humanité. Car cette science spirituelle n'en parle pas par référence à des théories, mais en se souvenant de la parole même du Christ : "Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps". Depuis le "Mystère du Golgotha", le Christ est là, autour de nous. Nous pouvons le trouver dans le monde où nous sommes, où Il est présent, non sous une forme physique, mais en tant qu'Entité spirituelle". Rudolf Steiner

12.04.2007

"L'affaire du tombeau de Jésus"...Un symptôme de notre temps

La tombe de Jésus découverte ?
Une polémique sur le choix : Jésus ou Jésus-Christ ?

En février 2007 le « Figaro » écrivait : « la présentation du documentaire La tombe perdue de Jésus, réalisé par l’Américain James Cameron, à qui l’on doit Titanic et Terminator, a déclenché une vive polémique en Terre Sainte ».
Quelle était la source de ce débat ?

En 1980 des archéologues américains et israéliens avaient découvert - en se basant soi-disant sur les « sources historiques » des Evangiles – lors de fouilles dans le quartier de Talpiot situé à quelques kms de la vieille ville de Jérusalem, un tombeau portant, parmi d’autres inscriptions, celle de « Jésus fils de Joseph »…A partir de là, poussés par des motivations pour le moins contestables, certains « spécialistes » présentèrent bientôt leurs hypothèses assez fantaisistes, comme des preuves scientifiques…Ces spéculations, soutenues par des médias peu scrupuleux, furent rapidement « formatées » et présentées comme des « découvertes sensationnelles » mettant en doute ce qui forme la base-même du Christianisme, à savoir la résurrection de Jésus/Christ.
Cette « remise en cause » se concrétisa, outre des articles divers publiés à cet effet, dans la réalisation d’un documentaire produit par James Cameron et réalisé par l’Israélien Simcha Jacobovici. Le lancement du film profita de la « longue expérience hollywoodienne » experte en publicité et marketing. Nul n’a oublié les efforts qui furent déployés pour le lancement de films tels « La dernière tentation du Christ », « Titanic » ou « Da Vinci Code »…Pour souligner le « courage et l’intégrité de son propos », James Cameron n’hésite pas à affirmer, lors d’une conférence de presse à la Public Library de New York : « En tant que documentariste, je ne dois pas avoir peur de chercher la vérité… » en ajoutant la présence de « preuves tangibles et inédites » de l’existence physique de Jésus…
Ce « documentaire » se présente comme un véritable « scoop » et sera très rapidement programmé sur la chaîne câblée Discovery Channel. Et personne ne saurait contester le « caractère exceptionnel » du film : présenter pour la première fois le « tombeau de Jésus, de Marie-Madeleine (son épouse..) et de « leur fils » Judas… ! Une « tombe familiale » ordinaire comme il y en a tant en Israel…Cette « révélation » est d’autant plus sensationnelle qu’elle pourrait, de par sa symbolique, être traduite par « que de choses, en peu de mots, sont dites .. ! « Jésus, un juif ordinaire, enterré avec son épouse et leur fils »…Balayée tout velléité de Christianisme, toute espérance en un " Jésus-Christ ressuscité !".
Nous laissons aux lectrices et lecteurs intéressés par les détails de « l’affaire de la tombe de Jésus », le soin de s’informer directement sur ce sujet sur les nombreux sites sur internet.
Les « preuves » pseudo-scientifiques évoquées par le documentaire de James Cameron ont été largement réfutées depuis par le monde scientifique. Un professeur de mathématique de l’université de Toronto a calculé que la probabilité que le tombeau de Talpiot soit celui de Jésus est de 600 contre 1 !!



Ce qui nous semble bien plus significatif, ce sont les polémiques que ce soit-disant « scoop » a occasionnées.
Au-delà du « fait divers » et de « l’effet d’annonce », les passions et les affrontements suscités sont autant de symptômes d’une société qui cherche ses repères. « L’affaire du tombeau » est devenue la pierre d’achoppement où « croyants et non-croyants » défendent farouchement leurs points de vue.
Et ces affrontements sont révélateurs de notre monde actuel où le regard et la dynamique matérialistes envahissent de plus en plus le monde, avec tous les effets de déshumanisation qui en découlent. Dans les sociétés humaines, athées et croyants de toutes obédiences, se trouvent confrontés à la précarité et aux peurs qui en découlent. Les premiers sombrent souvent dans la dépression ou se défoulent dans la violence…les seconds survivent souvent grâce à une espérance de transcendance, de protection, d’immortalité, en s’appuyant sur « leur religion » ou « leur spiritualité personnelle ».

Lors de discussions passionnées les « certitudes personnelles » s’affrontent, les doutes intimes se traduisent souvent par des comportements d’ironies, parfois de violences. On s’accroche à ses certitudes comme à une bouée de sauvetage. Le matérialiste, l’athée dénonceront toutes formes de religion ou de croyance comme une fuite devant la réalité, comme une réponse illusoire de l’individu qui a peur devant une mort inéluctable inscrite dans son futur. Face au « réalisme matérialiste », le « croyant » ne peut que se réfugier dans « son intime conviction » qui peut être mise à rude épreuve lors d’évènements douloureux dans sa vie. Les points de vue du « scientifique » par vocation tributaire de la réalité matérielle et du « croyant » par tradition ou conviction semblent donc a priori inconciliables. Dans un passé pas tellement lointain, cela ne fut pas toujours le cas. Les « ancêtres » des scientifiques admettaient encore deux réalités spécifiques, celle du physique et celle du spirituel. Le philosophe allemand E. Kant (1724-1804) fut le premier à dissocier la réalité matérielle objective qui est le domaine d’études des sciences et le « domaine spirituel » qui est du ressort du « subjectif » donc du non- vérifiable, donc par là-même du « non-réel. Depuis, l’approche scientifique est devenue essentiellement matérielle : tout ce qui ne peut être étudié concrètement, analysé, disséqué, soumis à l’expérimentation reproductible, n’existe pas. Le spirituel n’a pas d’existence matérielle, donc il est une fiction pour le scientifique…
Dans cette dynamique, le « croyant » n’a aucune crédibilité, puisqu’il ne peut « prouver ou démontrer » ce qu’il affirme. Et «le scientifique » pourra même affirmer que les sciences ont un caractère d’universalité, parce qu’elles se basent sur l’objectivité. Au-delà des affrontements des « thèses scientifiques qui devront prouver leur caractère de véracité par l’expérimentation », les scientifiques pourront toujours s’accorder, parce que leur approche est basée sur la réalité matérielle qui est la même pour tous. Cela n’est certes pas le cas parmi « les croyants » dont les « articles de foi » sont aussi divers que divergents voire contradictoires ! Leur seul point commun est l’affirmation d’une transcendance que personne ne peut cependant « prouver ». Cette situation fait que cette incapacité peut pousser des croyants à des réactions de violence, en cas de conflits.

« L’affaire du tombeau » est symptomatique pour ce genre de conflit. Quels sont les acteurs de ce conflit ? D’abord ceux qui sont à l’origine de « la provocation » : des archéologues, James Cameron (un représentant de « l’organisation médiatique hollywoodienne » , Simcha Jacobovici le réalisateur israélien (non chrétien) et divers spécialistes des médias plus préoccupés par le business que par le souci de vérité…Le « documentaire » n’est donc, a priori, pas réalisé par des sujets en sympathie ou en empathie avec le monde chrétien. Prouver l’existence matérielle de la « tombe quasi familiale » de Jésus, c’est détruire du même coup toutes les bases de la foi chrétienne , selon la lettre de Saint-Paul (I.Cor.,14/15) : « Mais si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi notre foi….. ».

Face à cette menace mortelle, le monde chrétien ne peut que s’insurger avec véhémence. Cependant les représentants et responsables de la mouvance chrétienne sont dans une situation de plus en plus difficile. Dans un monde matérialiste, de plus en plus de croyants sont pris de doutes, sont déstabilisés face à un monde scientifique qui se fait fort de tout démontrer, surtout quand il s’agit de prouver que « seul le matériel est vrai » ! Dans le monde dit moderne, l’individu est sans cesse placé devant le dilemme : se plier « aux certitudes affichées des scientifiques » et trahir ses convictions (ou espérance intérieure), ou conserver sa foi quitte à vivre dans une continuelle duplicité ? L’évidente suprématie du monde physique, la réalité directe, emportera toujours, dans un premier temps, une victoire sur le spirituel. Et à tout moment le croyant sera placé devant cette « tentation ». Ce qui pousse les responsables religieux à plus de vigilance, parfois à l’intégrisme et ses dérives…
Dans notre monde occidental, les conséquences d’un matérialisme qui a envahi toutes les activités sociales, se révèlent de plus en plus fatales pour l’individu. Déstabilisés dans une société souvent déshumanisée, les hommes sont en nombre croissant en « recherche de spiritualité », en « quête de connaissance sur le sens de leur vie ». Certains se dirigent vers le Bouddhisme ou d’autres spiritualités orientales, d’autres vers des sectes diverses…Ce phénomène traduit pragmatiquement que l’être ne se réalise pas dans l’unique matérialité.

« L’affaire du tombeau » est bien révélatrice de l’affrontement entre le matérialisme athée qui met tous ses efforts à vouloir « démontrer » l’ineptie d’une prétention à une quelconque transcendance, et les « spiritualistes » qui défendent avec acharnement leur « foi » qui est pour eux un besoin profond et vital. Les premiers s’appliquent à réduire le « fait christique » à la seule dimension physique, donc éphémère de « Jésus de Nazareth ». Les seconds affirment leur foi en « Jésus-Christ » c.à d. en « Jésus-homme mort sur la croix, enterré et ressuscité comme Christ Rédempteur pour tous les hommes ». La différence est de poids et explique les émotions des tenants et adversaires du Christianisme !

Sciences et spiritualité sont-elles irréconciliables ? L’attitude « kantienne » est-elle fondée à jamais, est-elle irréversible ?
Peut-on introduire de la science dans la spiritualité et inversement redonner à la science une approche spirituelle ?
Cela semble irréaliste…Et pourtant…L’œuvre de Teilhard de Chardin (1881-1955) s’efforce de rapprocher spiritualité et science. De même, l’écrivain et philosophe visionnaire Rudolf Steiner (1861-1925) a fondé une « science spirituelle » qualifiée aussi « d’Anthroposophie » (du grec Anthropos=l’homme et Sophia=sagesse/ donc lit. « la sagesse de l’homme »). Dans des centaines de conférences (publiées dans plus de 450 livres et publications diverses, accessibles au grand public), R. Steiner a ouvert des perspectives nouvelles où science et spiritualité se complètent au lieu de s’affronter. Pour lui l’aspect physique et l’aspect spirituel, loin d’être contradictoires, sont complémentaires. En fait, les deux côtés d’une seule et même médaille. La réalité matérielle qui est tenue comme la seule vraie, parce que tangible et visible à l’œil humain est, selon l’enseignement de R. Steiner « sous-tendue « par la « réalité spirituelle »qui en est la véritable origine.

L’approche de Rudolf Steiner éclaire aussi d’une lumière toute nouvelle la compréhension du Christ qui, selon lui, au-delà des confessions diverses, est une « force spirituelle cosmique » qui est non seulement la force d’Amour fondatrice de l’être humain, mais aussi l’Esprit qui le guide au cours de son évolution. Un élève de Rudolf Steiner, Hans Erhard Lauer (1899-1979), a écrit un livre fondamental sur ce sujet : « L’Anthroposophie et l’avenir du Christianisme ». Les sujets abordés dans ce livre sont de la plus grande importance et répondent parfaitement aux interrogations de notre temps. Pour celles et ceux qui sont curieux d’aborder ces thèmes, nous recommandons le site sur free : http .//radher.free.fr
Ce site intitulé « Anthroposophie et Christianisme » est très intéressant car il est ouvert à tous et permet aussi – si besoin est – de poser des questions et de recevoir des réponses individuelles, en toute confidentialité. Il donne aussi des informations sur l’œuvre de R. Steiner ainsi qu’une courte biographie de H. E. Lauer.