23.12.2007

Noël: réalité ou mystification ?

Noël : une réalité ou une mystification ?

L’année s’achève par les fêtes de Noël et de nouvel an…Une fois de plus l’actualité s’empare de cette opportunité pour proposer, par tous les médias possibles, toutes sortes de produits et de services.
Aujourd’hui, beaucoup de nos concitoyens sont stressés à l’approche de Noël : c’est la course à la consommation. Il s’agit de trouver le cadeau qui fera plaisir et d’éviter des déceptions qui seraient ressenties comme des échecs personnels…Cette période de l’année devient dès lors, pour tous ceux qui en ont les moyens, une course pour trouver tout ce qui est censé garantir le côté festif de l’évènement.
Les programmes télé, internet, les publicités de toute nature, proposent à longueur de journée une multitude de produits « indispensables » pour Noël. Il suffit de visiter une grande surface pour se faire une idée de ce que représente Noël pour le plus grand nombre : consommer, consommer et encore consommer, du moins pour ceux qui disposent des moyens financiers nécessaires. Il devient aussi évident que dans notre société en crise où beaucoup de gens vivent au seuil de la pauvreté ou carrément dans la misère, la fameuse « fracture sociale » se dessine de plus en plus…
La fête de Noël n’est-elle plus qu’un prétexte, un argument de consommation ? Une mystification ? Analysons les racines de ce phénomène : à l’origine, cette fête ne concerne que le monde chrétien.
On sait que pour les premiers chrétiens, la fête la plus importante était Pâques, parce qu’elle célébrait la résurrection de Jésus-Christ mort sur la croix. La naissance de Jésus n’est devenue fête que bien plus tard et était fêté le 6 janvier. Par la suite l’occident a repris la date du 25 décembre, jour qui avait été célébré par le « monde paien » qui vivait au rythme des solstices. La tradition de la crèche de Noël est très tardive et date du Moyen-Age (12e-13ème siècle/François d’Assise). Il devient dès lors évident que la « tradition de Noël » n’a pas de base historique établie et vérifiable. Pour le monde chrétien la seule référence à l’évènement de la naissance de Jésus, se trouve dans deux des quatre évangiles qui fondent la foi chrétienne : celui de Matthieu et de Luc. Or le contenu des évangiles (traduction : la bonne nouvelle) avait été, au départ, transmis oralement et rédigé bien plus tard. Ces « références » sont donc très facilement contestables et sont en fait aussi contestées par tous ceux et celles qui ne sont pas des « croyants ». Un contenu de croyance, de foi, est par essence, d’ordre subjectif et n’a aucun poids scientifique.
La narration de la naissance de Jésus devient d’autant plus problématique que, à la lecture attentive des évangiles de Luc et de Matthieu, des contradictions flagrantes apparaissent. Les généalogies divergent, les lieux aussi (pour l’un Marie et Joseph habitent à Nazareth et vont à Bethléem pour le recensement, c’est là que Marie accouche. Pour l’autre le couple apparemment habite déjà à Bethléem et Marie accouche en ce lieu..). L’évangile de Luc parle de la « crèche » dans l’étable où Marie accouche, faute d’avoir trouvé une place dans l’auberge. Il y est aussi question des bergers qui sont les témoins du l’évènement…Aucune trace de cela chez Matthieu qui lui, narre la visite des mages d’Orient..). Il devient clair que pour un « esprit cartésien » tous ces récits relèvent de la pure imagination et ne sont, de ce fait, pas crédibles. Plus encore, bien des gens s’irritent de cet état de fait et pensent qu’il serait grand temps de mettre fin à ce « mensonge » que les gens d’églises attachés à leur pouvoir sur les âmes humaines auraient inventé de toute pièce !
A ce titre, il est intéressant d’observer une discussion autour d’une table, dès lors que s’affrontent les opinions aussi divergentes que celles par exemple d’un homme du clergé, un athée, un philosophe, un commerçant, un citoyen croyant et un autre non-croyant ! Le prêtre dira en substance que tout est matière de foi et que l’homme a besoin d’une foi pour exister, pour espérer. Il ne s’arrêtera pas sur les contradictions des évangiles ou les réduira tout simplement à des styles de narration différents. En fait il sait qu’il ne dispose d’aucune explication plausible et crédible pour tous. Pour l’athée, Noël a été inventé pour assujettir les croyants. Un moyen d’aliénation qui existe depuis la mystification attachée pour lui à l’idée de l’existence d’un Dieu et encore plus celle concernant un fils qu’il aurait envoyé parmi les hommes. Le philosophe, selon qu’il sera croyant ou non, s’efforcera de démontrer que la transcendance, selon E. Kant, restera toujours du domaine du subjectif et de l’irrationnel. Le philosophe non-croyant ajoutera qu’il envie les hommes capables de « croire en une transcendance » car cela leur permet de vivre sans crainte même si le tout reste évidemment une illusion !
Le commerçant quant à lui, se positionnera dans la seule perspective de la « fête qui permet de faire plaisir aux autres…et à soi-même, étant donné que la tradition exige un échange de cadeau. Toute fête, religieuse ou laïque, reste un bon prétexte pour faire des affaires.
Le citoyen ordinaire se positionnera selon sa croyance ou non croyance. Le croyant s’appuiera sur une belle tradition dans laquelle il a vécu dès la prime enfance au contact de ses parents et qu’il continue à perpétuer. Noël, malgré toutes les servitudes qui s’y rattachent et les critiques qu’il suscite, garde pour beaucoup le caractère du merveilleux, du magique, auquel on ne voudrait pas renoncer. Le citoyen non-croyant ou agnostique verra, peut-être avec quelque irritation, un prétexte pour festoyer avec des amis et céder aux folies de Noël. Dans notre société de consommation engluée dans le matérialisme, le caractère spirituel attaché originellement à cette fête, perd de plus en plus en valeur. Que faire ?
Qui a raison parmi les « intervenants » de notre réunion imaginaire ?
Probablement chacun, selon « son angle de vision », «son point de vue » ! Mais finalement tous se retrouvent devant la même impasse : aucun ne peut démontrer que son point de vue est le plus près de la vérité. Les églises dites chrétiennes sont face à un monde qui a énormément changé. Notre société est continuellement confrontée aux progrès et aux défis des sciences. Le savoir scientifique s’est développé prodigieusement et affiche chaque jour les fruits de ses découvertes. Les arguments et les résultats des sciences sont bien plus directs et convaincants que ceux proposés par les religions. La conscience de l’homme contemporain a beaucoup évoluée. Au contact de la science et de la réalité matérielle, l’esprit humain est devenu plus critique et plus libre. L’homme d’aujourd’hui ne veut plus seulement croire : il veut comprendre. La spiritualité n’échappe pas à ce phénomène. Cette dernière peut-elle être « scientifique » ou est-t-elle condamnée à rester dans une subjectivité rassurante ? Un vieux thème philosophique s’affiche :
Peut-on (re)-concilier science et spiritualité ? Peut-on initier une « science spirituelle » qui satisfasse l’intelligence et le cœur ? La raison et l’esprit ?
Le grand philosophe, maître à penser visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a initié une « science de l’esprit » qu’il a intitulé Anthroposophie (=la sagesse de l’homme). Son œuvre, très mal connue en France aborde tous les domaines de la vie sociale et de la spiritualité. Il expose dans son enseignement ses méthodes de travail et le résultat de ses recherches qui ouvre des perspectives nouvelles dans tous les domaines.
Rudolf Steiner a aussi analysé scrupuleusement les évangiles et consacré une grande partie de son enseignement à la Christologie. Les résultats de ses investigations apportent une réponse à toutes les questions évoquées plus haut. Ces connaissances apportent une lumière nouvelle sur le « Mystère de Noël », pour toutes celles et ceux qui veulent « comprendre ». Les textes de Rudolf Steiner sont aujourd’hui traduits dans toutes les langues usuelles et accessibles à tous. Il existe sur internet, divers sites consacrés à Rudolf Steiner (tenants et adversaires, bien entendu, à chacun de se positionner, en toute liberté). Nous recommandons aussi le site radher.free.fr (intitulé :
L’Anthroposophie et l’avenir du Christianisme) qui , dans le cadre de l’enseignement de Rudolf Steiner, présente un de ses élèves intimes qui a lui-même exposé magistralement l’œuvre du Maître : H.E. Lauer.
Une lecture attentive des livres de R. Steiner et de H.E. Lauer nous fait prendre conscience des problèmes de notre temps et entrevoir les possibilités offertes pour y trouver les remèdes appropriés.
La réponse à notre question : Noël est-il une réalité ou une mystification, la science spirituelle proposée par Rudolf Steiner peut nous la donner, si nous le voulons. Car une recherche de la vérité revêt toujours un caractère personnel. Il faut que nous fassions l’effort de penser par nous-même. Dans une de ses conférences tenues à Dornach (Suisse) devant des ouvriers, le 16 juin 1923, R. Steiner dit : « …on peut constater que les hommes ont peu à peu cessé de penser par eux-mêmes, pour ne plus penser qu’au travers des pensées de ceux qu’ils considèrent comme des autorités. Il faut que les hommes réapprennent de nouveau à penser par eux-mêmes, que chacun se remette à penser par soi-même, sinon, surtout s’il ignore l’existence d’un monde spirituel, il sera sans cesse influencé, mais dans le mauvais sens » !

C’est par sa propre pensée, sa propre réflexion, que chaque individualité arrivera à comprendre, à la lumière de l’enseignement de Rudolf Steiner, la réalité du monde spirituel et des mystères qu’il recèle. Sous ce jour , Noël reprendra sa véritable signification : un évènement de joie et d’espérance ! Noël qui unit tous les hommes et qui nous rapproche aussi, en ce temps privilégié, de ceux et celles qui ont quitté la terre. Joie des cœurs, joie des âmes, celles des bergers qui ont « vu » le ciel ouvert et l’ange leur annonçant la « bonne nouvelle ». L’expression jubilatoire du Moyen-Age « Noël, Noël, Noël !! » reprendra aujourd’hui son vrai sens.

09.11.2007

LA CULTURE DE LA PEUR ?

Dès l’aube de l’humanité la peur était présente dans l’âme humaine. Face aux forces de la nature, à un environnement hostile, l’être humain a très vite pris conscience de sa propre fragilité. Peur de l’inconnu, de la souffrance, de la mort. Les peuplades primitives conseillées par leurs anciens, ont alors instinctivement, poussées par une sorte d’atavisme, « fait allégeance aux dieux de la nature ». Le soleil, la lune, les étoiles, le tonnerre, la pluie etc. étaient pour leur conscience des « puissances » qui les dépassaient…Le fait de se concilier les bonnes grâces de ces forces supérieures apaisait leurs craintes et leur permettait de vivre dans l’espérance de leur protection.
Plus tard dans l’évolution humaine, les « guides » des différents peuples initièrent les religions , en établissant des règles de conduite, des lois sociales et morales inspirées par les puissances d’en-haut. Ces guides étaient des personnalités qui avaient suivi un chemin d’initiation tenu secret et adapté à un environnement géographique et à un peuple spécifique. Le livre « Les grands initiés » du grand écrivain français Edouard Schuré retrace magistralement l’histoire secrète des religions. Il y décrit Rama -le Cycle aryen-, Krishna -l’Inde et l’initiation brahmanique-, Hermès -les mystères d’Egypte-, Moïse -la Mission d’Israël-, Orphée -les mystères de Dionysos, Pythagore -les mystères de Delphes-, Platon -les mystères d’Eleusis- et pour finir Jésus -la mission du Christ-. Les « Mystères » de l’Antiquité étaient réservés à des individualités qui devaient répondre à certains critères et subir toutes sortes d’épreuves quant à leur endurance physique, psychologique, morale. A l’issu d’un enseignement secret qui pouvait durer de nombreuses années, l’élève initié était investi d’une mission religieuse, culturelle, pour un peuple spécifique. Il est intéressant de constater que Moïse qui avait pour mission d’instruire le peuple judaïque et le guider vers la « terre promise », avait été instruit dans les « mystères égyptiens ». Bouddha et la religion tibétaine s’inscrivent dans le cadre de l’initiation de l’Inde. On pourrait aussi évoquer la culture chaldéenne ou perse. L’avènement de « l’évènement christique » qui s’est déroulé en orient et qui a donné naissance au christianisme, a très fortement influencé la culture occidentale au point de devenir son calendrier de référence : notre histoire parle de dates avant et après Jésus-Christ. La religion de l’islam est venue plus tard, instaurée par le prophète Mahomet.
Dans toutes ces cultures, la spiritualité était présente sous différentes formes. Les hommes et femmes étaient convaincus que la terre où ils vivaient ne représentait qu’une part de la réalité. La certitude de leur fragilité et de leur mortalité inéluctable sur terre les poussait à croire à l’existence d’un « ailleurs » (ou ciel) où ils continueraient à vivre une vie éternelle et heureuse. Cette conviction leur permettait de surmonter les difficultés de la vie quotidienne et nourrissait leur vie intérieure.
Les alchimistes, les précurseurs des « savants », étaient convaincus que la matière n’était que l’aspect physique d’une réalité fondamentalement spirituelle. La transcendance était pour eux une certitude qu’il s’agissait d’étudier au contact du monde matériel et d’approfondir. La recherche de la « pierre philosophale » était aussi un chemin d’initiation, une « quête du graal », dans la terminologie du Moyen Age : une voie vers la connaissance de sa propre identité profonde. La pensée de l’alchimiste était dominée par l’idée que portait déjà les sages antiques dont Hermes Trismégiste : le microcosme et le macrocosme sont les deux aspects d’une même réalité. Pour lui la terre et ses créatures sont l’œuvre d’un démiurge de nature spirituelle (le Dieu créateur du monde, de l’univers selon Platon).
Au courant du 16ème siècle, au temps des découvertes des « nouveaux continents », quand les sciences prennent leur essor grâce aux inventions tels le microscope ou le télescope, les savants commencent à s’intéresser « scientifiquement » à l’infiniment petit et grand. La curiosité s’éveille et l’émerveillement reste associé à un respect pour tout ce qui existe. Cette approche reste accompagnée, pour le plus grand nombre, d’une croyance en une transcendance, à l’existence d’une réalité spirituelle invisible à l’oeil humain, mais cependant plus que probable. Même un Voltaire, par ailleurs très critique envers les religions, parlait encore du « grand horloger » qui règle les lois de l’univers.
Puis, peu à peu, le savant limite sa « certitude » à celle définie par sa méthode de travail axée sur la matérialité. Les méthodes d’investigation évoluent rapidement et conduisent à des progrès impressionnants. La pensée scientifique porte beaucoup de fruits. Le progrès change la vie des hommes mais aussi, radicalement, l’approche de la spiritualité. Alors qu’autrefois la spiritualité faisait partie de la vie quotidienne et n’était guère mise en doute, la société occidentale devient peu à peu matérialiste. Depuis E. Kant la spiritualité est laissée à l’appréciation individuelle non scientifique : c’est le domaine de la croyance, de la foi.
Au 20ème siècle, surtout après la deuxième guerre mondiale, la science s’est étendue à tous les domaines de la vie sociale. Elle est devenue incontournable et son approche matérielle justifiée a fait reculer de plus en plus la spiritualité. Les sciences n’ont plus à prouver leur utilité et leur efficacité. Dès lors, l’existence d’une « métaphysique », d’un « monde spirituel » est devenue plus qu’hypothétique. Pour un grand nombre de personnes, les écrits sacrés des grandes religions sont relégués au rang de documents certes intéressants mais aussi très contestables. L’homme moderne est devenu un « Thomas » (évoqué dans les Evangiles) actualisé : il ne croit que ce qu’il voit ! La seule réalité pour lui est celle de la matérialité et du monde tangible. Comment « croire » à un Dieu démiurge que personne n’a jamais vu, hormis quelques « illuminés » dont le témoignage ne vaut que pour eux seuls ?...
Au début de notre 21ème siècle, la radicalisation des points de vue est devenue encore plus apparente : les religions souvent désertées se réfugient de plus en plus dans le conservatisme, parfois l’intégrisme. Le monde matérialiste au fil de sa progression vertigineuse a généré un nombre incalculable d’athées et dans le meilleur des cas d’agnostiques. A la place des religions qui marquaient autrefois la vie sociale, la pensée scientifique a pris la relève, avec ses propres visions, ses propres interprétations, ses propres dogmes. Bien des personnes, aujourd’hui, placent tous leurs espoirs, leur avenir, dans la science. Cette dernière promet des avancées dans tous les domaines : la médecine, la psychologie, la psychiatrie, l’éducation, l’alimentation, la production et la gestion des richesses. A tout moment, grâce à toutes sortes d’évaluations chiffrées -preuves considérées comme irréfutables et absolues dans le monde contemporain- on confère une sorte de réalité à ce qui est du domaine encore très hypothétique. En fait, dans cette approche, l’évaluation chiffrée revêt un statut équivalent à la vérité.
Il ne s’agit ici nullement de porter un jugement unilatéral et définitif sur cet aspect du monde actuel, plus précisément de l’occident. Mais il faut caractériser les faits et étudier leurs conséquences sur la vie sociale. Un des symptômes indéniables d’une crise dans la société actuelle est le nombre sans cesse croissant de maladies psychiques diverses, de dépressions, de suicides. Dans tous les domaines de la vie sociale éclatent des révoltes, des manifestations pour toutes sortes de causes que nous apprenons au travers des médias. Le dénominateur commun à tous ces phénomènes a un nom : la peur. Elle marque de son empreinte de plus en plus de gens, pour des raisons diverses et compréhensibles : peur de l’avenir, de la maladie, de la mort, du chômage, du surendettement, de la guerre, de la pénurie etc. Malgré une médecine qui a fait d’énormes progrès et qui en promet encore de plus importants dans l’avenir, malgré les statistiques qui prouvent l’allongement constant de la durée de vie, la peur n’a pas été éradiquée ou même atténuée. Le doute reste permanent : n’avait-on pas affirmé au début du siècle dernier déjà, que le progrès ouvrirait à toute l’humanité des horizons nouveaux, un avenir où toutes les maladies seraient éradiquées, où les machines travailleraient pour les hommes et que ces derniers connaîtraient un bonheur parfait…Or l’actualité démontre tout le contraire : les sciences sont souvent devenues les auxiliaires volontaires ou involontaires d’un monde où l’avidité du profit matériel, l’incitation à la consommation sont devenues prioritaires. Le résultat désastreux est plus apparent chaque jour. Par une concurrence acharnée préconisée par une économie en quête permanente de profits, la société se déshumanise, les menaces d’affrontements entre ceux qui possèdent et ceux qui sont démunis promettent des lendemains difficiles. La peur s’installe à tous les niveaux de la société et devient un enjeu politique majeur.
S’il est avéré qu’autrefois les populations connaissaient aussi des peurs, des temps très difficiles où sévissaient des maladies, des épidémies, des famines, des guerres, la société vivait cependant dans une autre culture, une autre approche des difficultés de la vie. Le plus grand nombre adhérait encore à une religion, une foi, une croyance qui, à défaut de leur promettre le paradis sur terre, leur donnait une espérance en une éternité, un au-delà où les bons seraient récompensés et les méchants punis. Cette vision les aidait à vivre et à supporter les aléas d’une existence difficile et sans cesse menacée. Le matérialisme de notre temps a focalisé l’attention d’une majorité de femmes et d’hommes de notre société sur la réalité matérielle devenue seule digne d’attention. La conséquence inévitable c’est la négation des réalités non matérielles, non tangibles et une vie intérieure qui n’est plus que le triste reflet de la vie de tous les jours avec ses tristesses et ses désespérances. L’âme humaine, dans un monde où règne uniquement une vision matérialiste de l’existence, est réduite à n’être perçue que comme une résultante de la vie organique. A ce titre, ce que le commun des mortels appelle « âme » peut être influencée par la psychologie, l’utilisation de psychotropes. Sous cet aspect, la spiritualité, la transcendance deviennent superflues. Pour ceux qui mettent toute leur espérance dans le pouvoir de la science, la seule « immortalité » qui reste, dans un avenir lointain, est la promesse d’une éventuelle modification génétique de l’être humain qui lui permettrait de vivre éternellement. Cet « espoir » a-t-il assez de pouvoir pour aider l’homme d’aujourd’hui à affronter les difficultés de l’existence ? Il est permis d’en douter.
Le grand penseur visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) avait vécu le tournant de la société du début du 20ème siècle qui, emportée dans l’euphorie des triomphes de la science sans cesse grandissante, a peu à peu glissé dans une vision matérialiste des êtres et des évènements. Il avait analysé en profondeur tous les risques de ces changements. Son enseignement qui a abordé tous les domaines de la vie sociale, a souligné que l’être humain n’était pas seulement un être matériel mais avant tout un être spirituel incarné dans un monde matériel. Il a proposé un chemin d’initiation permettant de comprendre cette réalité. Il a aussi indiqué des voies qui permettraient de renouveler la vie sociale sous tous ses aspects, en tenant compte de la véritable nature de l’être humain. Sa vie intérieure, « ce qui l’anime », son âme, déterminent son attitude dans la vie de tous les jours. Selon que son âme est nourrie de « bonnes visions », de sentiments nobles, d’amour, elle donnera à l’individu une sécurité intérieure, une sérénité, une attitude positive face aux réalités du quotidien. Si cette âme est nourrie d’images non positives pour l’être humain ou si elle est vide de toute forme de spiritualité, elle devient malade et les symptômes extérieurs de ce disfonctionnement se révèleront dans des formes d’agressivité, de violence, toutes deux expressions conscientes ou inconscientes de la peur. Face aux défis de notre temps, il est indispensable, selon Rudolf Steiner, que l’être humain découvre sa véritable identité profonde, qui est d’essence spirituelle. L’anthroposophie, initiée par lui, appelée aussi la science de l’esprit, propose un enseignement accessible à tous, pour comprendre le monde qui nous entoure et les êtres qui y vivent. Il est regrettable que l’œuvre de Rudolf Steiner soit encore ignorée par beaucoup de nos compatriotes. Loin de nier les bienfaits des sciences, ce penseur et initié en souligne la nécessité pour que les individualités exercent leur prise de conscience et l’élargissent progressivement. Il souligne que le passage de la société par une vision matérialiste est justifié et même nécessaire pour que la pensée humaine en perçoive l’étendue et aussi les limites. Après cette étape nécessaire à son développement, l’être humain doit peu à peu faire l’expérience que la seule vision matérialiste laisse son âme inassouvie. Ce vide dans l’âme peut conduire à la dépression voire au suicide, ces fléaux de notre temps qui sévissent à tous les âges de la vie. L’Anthroposophie peut ouvrir notre conscience sur des aspects nouveaux de l’être humain et de ses véritables origines. Cette connaissance nouvelle qui touche l’essence de notre être peut changer notre vision de la vie et nous donner la force nécessaire pour devenir avec les autres, des bâtisseurs d’avenir. Il s’agit d’affronter les défis de la vie, sans peur, en décelant derrières les phénomènes du temps, les ressorts d’une humanité en évolution constante. Celle-ci est appelée à devenir de plus en plus consciente sur les exigences du monde actuel pour agir pour le bien de tous, en respectant la terre sur laquelle nous nous incarnons et que nous devons préserver car elle nous été « prêtée » par des « entités spirituelles » pour que nous puissions y évoluer. Au centre de son enseignement, Rudolf Steiner a exposé dans de nombreuses conférences, la nature et l’importance de l’entité spirituelle que le monde chrétien appelle « Christ ». Loin d’être la propriété exclusive du monde chrétien, cette entité a une importance pour toute l’humanité.
Un élève proche de Rudolf Steiner, Hans Erhard Lauer (1899-1979) a appliqué les méthodes d’investigation et de recherche proposées par l’Anthroposophie dans divers domaines de la vie sociale et montré qu’elles ouvraient des possibilités nouvelles et nombreuses pour solutionner les problèmes de notre temps. Son livre « L’anthroposophie et l’avenir du christianisme », qui reprend l’enseignement de Rudolf Steiner, expose clairement la place que tient le Christ dans l’évolution de l’humanité. Dans cette démarche, il rejoint les recherches de Teilhard de Chardin, en allant néanmoins bien plus loin que lui, en abordant la question très controversée de la réincarnation. Son étude, en se basant sur l’analyse de Rudolf Steiner, va bien au-delà de l’histoire du christianisme, de la chrétienté, pour exposer que « l’impulsion christique » concerne tous les êtres humains, qu’ils en aient conscience ou non. Pour celles et ceux qui voudraient approfondir cette question essentielle, nous conseillons vivement le site radher.free.fr intitulé « Anthroposophie et Christianisme » qui donne des renseignements détaillés sur l’auteur et son livre.
Les paroles du pape Jean-Paul II, reprises par bien d’autres (dont des hommes politiques) : « n’ayez pas peur » (qui sont à l’origine les propos de Jésus-Christ, selon les évangiles), sont plus que jamais d’une actualité brûlante. La question primordiale est de savoir comment surmonter la peur ? L’œuvre de Rudolf Steiner répond parfaitement à cette préoccupation. Libre à nous de saisir cette opportunité.

09.09.2007

Quel est mon niveau de conscience ?

Tel monsieur Jourdain de Molière qui s’étonnait de « faire de la prose sans le savoir », nous utilisons notre conscience sans souvent nous en rendre compte ! Or notre prise de conscience est un facteur essentiel dans notre vie. En effet, pendant que nous dormons, nous n’avons pas conscience… Notre conscience de veille est bien différente de notre conscience de rêve…sinon nous n’aurions pas conscience d’avoir rêvé ! Cela n’est-il pas quelque peu curieux ? Pris dans le flux du quotidien, nous ne nous posons pas ces questions : tout va de soi, la vie est ainsi faite que « l’homme fonctionne ainsi »…
Or tout cela est-il tellement banal ? En quoi consiste en fait notre « conscience » ? Elle est l’aboutissement d’un mécanisme qui semble simple, mais qui est en réalité bien plus complexe. Notre « prise de conscience » s’appuie sur deux facteurs déterminants : la perception et la pensée. Si nous sommes en état de veille, nos « sens » (vue, ouie, odorat, toucher, goût..), nous transmettent des signaux qui seraient en fait inintelligibles si notre cerveau, notre pensée ne mettait une « étiquette » sur les phénomènes perçus. Ainsi une chaise, par ex., perçue par mes yeux ne serait pour moi qu’une forme incompréhensible, si ma pensée analytique n’ajoutait le « concept chaise ». C’est donc la jonction de la perception et de la pensée qui me révèle le sens de ce que je vois. Et tout phénomène de « prise de conscience » s’appuie obligatoirement sur ces critères.
Une des conséquences normales de ce phénomène, est que, dans la vie de tous les jours, notre « prise de conscience » s’étend à un nombre sans cesse croissant de perceptions qui sollicitent notre pensée, pour être comprises. Ce nombre incalculable de perceptions de toute nature, qui captent non seulement notre environnement mais aussi notre espace intérieur (nos sentiments, nos émotions, nos états d’âme ), sollicitent constamment notre activité pensante et marquent de leur empreinte notre être profond . Notre conscience évolue de la sorte et s’enrichit au fil des années, nos impressions s’accumulent dans l’espace de notre capacité du « souvenir » : notre conscience d’enfant n’est pas la même que notre conscience d’adulte…Elle n’est pas la même à 20, 40, 60, 80 ans…Notre état de conscience évolue sans cesse au courant de notre vie, nos expériences se diversifient et se multiplient.. Nous sommes capables de mûrir , de changer nos comportements, de devenir plus intelligents et d’un point de vue philosophique, parfois plus sages . Un des buts de la vie consisterait-il à vivre des expériences de réussites, d’échecs, de joies, de peines…pour apprendre et changer c. à d. élargir constamment notre champ de conscience ?
Notre société occidentale essentiellement matérialiste, se définit comme « scientifique » et s’affirme par deux axiomes :
- la seule réalité est la réalité physique, matérielle,
- toute réalité physique s’appuie sur des lois qui expliquent la genèse et le fonctionnement des êtres et des choses.
Dans cette approche, toute réalité spirituelle est exclue, car elle n’appartient pas au domaine du visible. L’histoire de l’univers et du monde en particulier, doit dès lors être explicable « matériellement et scientifiquement ». Les spécialistes parlent du « big bang », d’une sorte d’explosion originelle qui aurait mis en route une évolution dont l’aboutissement serait notre terre actuelle avec sa faune, sa flore et tous les règnes de la nature qui incluent aussi l’homme. Le tout serait le résultat d’une dynamique que le grand scientifique et prix Nobel, Jacques Monod, définit comme celle du « hasard et de la nécessité ». Dans cette perspective, « l’ours blanc » est devenu ce qu’il est, parce qu’une « suite de hasards » aurait fait que ses gènes se sont structurés pour aboutir à ce que nous appelons « ours » et s’il est de couleur blanche , ce serait par « nécessité », car cela s’avère utile d’être blanc, pour une bête vivant dans le grand nord ... Il ne s’agit, ici, nullement de contester le bien-fondé de la thèse de J. Monot, pour affirmer une opinion « anti-évolutionniste ». Mais cette assertion suffit-elle vraiment à assouvir notre curiosité, répondre à nos questions et à notre désir de vouloir comprendre ? Quand nous songeons à l’extrême complexité de notre propre être, cette explication nous suffit-elle ? Combien de « hasards et de nécessités » se sont succédés pour « construire » ce que je suis ? Si l’être humain n’est que le résultat des effets conjugués du hasard et de la nécessité, comment saurait-il se percevoir et s’affirmer comme un être responsable et libre ? La science nous apprend que tout s’explique par des causes et des effets. Les œuvres de nos plus grands artistes sont le résultat d’une volonté créatrice et d’une vision préliminaire imaginative de l’artiste. Comment admettre que les merveilles de nos cultures ne seraient que l’aboutissement d’un enchaînement de hasards et de nécessités ? Notre bon sens et notre raison refusent de le croire. Devons-nous accepter sans discernement toutes les thèses et assertions dès lors qu’elles proviennent d’autorités scientifiques ? Ou encore dans un autre contexte que représentent les médias, dont l’influence est aujourd’hui prédominante, devons-nous nous aligner sur telle ou telle opinion ou affirmation ? Un exemple parmi d’autres : quand plusieurs accidents d’avions se suivent, les journalistes parlent de la « loi des séries »…Cela a-t-il vraiment un sens ? C’est un peu comme si on parlait de « la loi du destin »…La définition de « loi » dans ce contexte, selon le Larousse est : « ce qui impose un évènement ». Or, si on reste dans un contexte purement matérialiste et scientifique, il faudrait fournir, dans ce cas de figure, une explication sur la signification véritable de ce « ce » quelque peu mystérieux qui impose par ex. la fatalité liée à une succession de catastrophes aériennes…Comment cela est-il possible, tout en restant dans la réalité physique, tangible et vérifiable : on est là devant une impossibilité flagrante ! Mais cela est tellement rassurant de fournir une « explication », même si elle est vide de sens…
A partir de telles petites expériences de la vie, nous pouvons « tester » notre niveau de conscience pour aborder les êtres et les évènements en profondeur. Restons-nous en « marge », à la surface des êtres et des évènements ou notre conscience nous pousse-t-elle plus loin, pour chercher la vérité, à la lumière de notre propre intelligence, notre bon sens, notre capacité de jugement ?
Tout ce qui s’est passé dans l’histoire des hommes peut être analysé sous l’angle de la conscience des peuples, des individus. Si nos comportements ont changé au courant de l’histoire c’est parce que notre niveau de conscience a évolué au fil du temps, au contact d’expériences nouvelles, par l’acquisition de connaissances nouvelles, grâce notamment à nos propres études sur des sujets divers. A l’opposé nous pourrons trouver des niveaux de conscience qui stagnent ou régressent, par ex. dans toutes les formes d’intégrisme, de fanatisme, de conservatisme, dont nous mesurons aujourd’hui les dangers.
Nous avons essayé d’esquisser, très brièvement, l’importance du « niveau de conscience » dans l’évolution des sociétés et de chaque individu en particulier. Un des domaines les moins « explorés » aujourd’hui est celui de « l’expérience humaine intérieure ». Dans notre monde matérialiste, tout est axé sur la vie extérieure, physique, matérielle. D’innombrables publicités, émissions télévisées, publications diverses se consacrent à « l’aspect physique » des choses et des êtres humains. La beauté, le maintien de la jeunesse, la séduction physique sont autant de thèmes proposés pour vendre des produits commerciaux de plus en plus « performants » ! Au-delà des instincts primaires et des émotions basiques, superficielles utilisées à seule fin de pouvoir « vendre », la vie intérieure humaine n’est guère sollicitée et encore moins nourrie...
Hors « l’introspection philosophique », souvent livresque, on s’interroge très peu sur notre vie intérieure, c. à d. sur notre espace personnel, subjectif : « notre âme ». Or, la « prise de conscience » ne concerne pas seulement notre vie et nos perceptions extérieures, mais aussi notre vie et nos perceptions intérieures… Avons-nous déjà vécu l’expérience de ces dernières ? Le grand philosophe, penseur et ésotériste autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a consacré sa vie à cette recherche. Son œuvre immense et son enseignement sont aujourd’hui accessibles à tous. Il propose, entre autres, un chemin initiatique où, en toute liberté, chaque individualité peut découvrir sa dimension intérieure, sa véritable nature et accéder à des dimensions fermées à la seule approche matérielle. Chacun peut faire l’expérience personnelle de l’existence d’autres « espaces » que celui de la matérialité. Car pour connaître les dimensions spirituelles, il faut pouvoir en faire personnellement l’expérience, sinon tout reste pure théorie. R. Steiner propose des moyens d’investigation du monde spirituel qui ouvrent la voie à de nouvelles connaissances. Les perceptions et pensées focalisées sur notre dimension intérieure, élargissent et enrichissent progressivement notre champ de conscience . L’être humain fait alors l’expérience que derrière le monde matériel physique existe un monde « spirituel » qui le génère et l’anime. Cette « découverte personnelle » changera son point de vue habituel, ouvrira sa conscience à d’autres réalités, d’autres vérités plus importantes. Grâce à sa conscience élargie, il pourra trouver les vraies réponses à ses questions existentielles. Sa vie quotidienne en sera changée et prendra un nouveau « sens ».
R. Steiner, par son enseignement connu sous la dénomination Anthroposophie, nous rend attentifs à la nature profonde de notre être, qui est d’essence spirituelle. Pour tous ceux et celles qui sont en recherche pour trouver le sens de la vie, de la mort, de la nature véritable de l’être humain, de celle de la liberté, de la dimension christique dans l’histoire et l’évolution humaine, l’œuvre de R. Steiner peut être un grand enrichissement.
Il existe le site radher.free.fr ( « Anthroposophie et Christianisme ») qui offre la possibilité d’approcher, en toute liberté, les questions soulevées dans le texte ci-dessus. Un élève proche de R. Steiner, le Dr.H.E.Lauer a consacré un grand nombre d’ouvrages qui soulignent l’utilité de l’Anthroposophie pour analyser les causes des difficultés de notre temps et proposer des voies nouvelles pour essayer de trouver des solutions adaptées aux problèmes actuels. Car il faut vraiment une nouvelle « prise de conscience » pour comprendre ce qui se passe dans le monde, connaître l’être humain dans sa totalité de corps physique + âme (vie intérieure) + esprit (sa pensée) et construire une société adaptée à ces réalités. Pour sortir de l’impasse d’une vision matérialiste et inhumaine de notre société, il faut faire l’effort d’une nouvelle prise de conscience. Il s’agit d’un parcours personnel, basé sur la liberté individuelle et la volonté de « dépassement » dans tous les sens du terme. Aller au-delà de sa nature physique pour découvrir ses racines véritables qui sont de nature spirituelles.

30.05.2007

Science matérielle ou/et science spirituelle ?

La responsabilité des scientifiques dans la société contemporaine.

On sait que la science moderne date du 16ème siècle. Avant cette ère, la connaissance était un curieux mélange fait d’observation, de pragmatisme, de spiritualité, d’alchimie, de théologie et d’idées venues encore des cultures grecques et latines. Le « savant » du Moyen Age était bien différent du scientifique d’aujourd’hui ! La spiritualité et l’irrationnel y tenaient encore une large part. Puis la curiosité des « chercheurs » s’est concentrée de plus en plus sur le monde sensible, le monde physique matériel…Observation du monde microscopique dès l’invention du « microscope », du monde macroscopique dès la découverte de la « lunette de Galilée » en 1609. Galilée (1564-1642) est entré dans l’Histoire par le fameux « procès » que lui avait intenté l’Eglise romaine : en introduisant l’emploi de la lunette en astronomie, il a été à l’origine d’une véritable révolution dans l’observation de l’univers…Nous n’entrerons pas dans ce sujet traité dans de nombreux ouvrages…Ce qu’il faut retenir, c’est que « la science moderne » initiée au 16ème siècle et sans cesse développée par la suite, se penchera dès lors exclusivement sur le monde « concret physique », le seul susceptible d’être observé par les sens humains, d’être analysé et soumis à l’expérimentation…
C’est à partir de ce moment que la science n’est plus cultivée pour la pure connaissance, de manière désintéressée, mais essentiellement en vue d’acquérir la maîtrise des forces naturelles dont la technique moderne est l’agent. Francis Bacon (1561-1626), philosophe et savant anglais, très influent à son époque, n’avait-il pas dit : « le savoir est le pouvoir » ! Et tous les efforts déployés pour arriver à cette puissance purent être considérés comme conciliables avec la morale traditionnelle, dès lors qu’ils contribuaient à élever le niveau matériel et spirituel du plus grand nombre de personnes. Même la morale religieuse y trouvait son compte : la Genèse (Ancien Testament) ne disait-elle pas que « l’homme avait reçu de Dieu, la mission de dominer la terre » ? Vu sous cet angle, la science pouvait donc contribuer à rendre l’homme plus heureux.
Nous savons, hélas, aujourd’hui, depuis les deux guerres mondiales, depuis Hiroshima et Nagasaki, entre autres, que la science et les techniques qu’y en découlent, peuvent se diriger contre l’homme et l’anéantir…La science, dans cette optique, prend dès lors une attitude d’indifférence vis-à-vis de la morale . Bien entendu, on ne saurait « accuser la science d’être amorale voire immorale », cela n’aurait pas de sens. Mais il devient évident que la science seule, est neutre, et que la « qualité de moralité qu’elle endosse » n’est que la conséquence, le reflet de ceux qui l’emploient, la pratiquent. Dans toutes les situations données, c’est toujours l’homme qui, en dernier ressort, doit endosser la responsabilité de ses actes. La décadence des notions morales issues des croyances religieuses, dès le moment où la science s’est émancipée de la religion, était donc prévisible et inévitable. C’est pourquoi la civilisation actuelle est caractérisée par un pluralisme non seulement social, mais aussi moral. La décision d’utilisation des résultats du travail scientifique (neutres moralement parlant), pour le « bien ou le mal », pour le progrès ou l’anéantissement de l’existence humaine, reste strictement l’affaire de l’individu. Responsabilité vraiment effrayante, mais réelle pour le scientifique ! H.E.Lauer, un élève du penseur visionnaire Rudolf Steiner (consulter le site http://radher.free.fr), dit à ce sujet : « En se dérobant par principe à une telle décision, en s’adonnant à la recherche sans tenir compte des conséquences d’ordre moral que leurs résultats pourraient avoir, les savants glissent dans l’inhumanité. Il ne faut donc, dès lors, pas s’étonner qu’ils aient mis au service de la volonté de puissance, telle que nos états modernes l’incarnent, les fruits de cette recherche, à savoir la possibilité donnée à l’humanité (et pour la première fois dans l’histoire humaine), de se détruire elle-même…. ». Et le problème ne devient certes pas moindre si on tient compte des grands intérêts économiques et financiers qui sont en jeu…
Nous pouvons aujourd’hui observer les nombreuses dérives d’une science, lorsqu’elle est mise au service de seuls enjeux économiques, pour créer, inventer, grâce à des techniques de plus en plus sophistiquées, des produits inutiles et parfois dangereux, parce que « la loi du marché et la course au profit » ont depuis longtemps remplacé la morale. La moralité dans le monde économique prête à sourire…Pour être pris au sérieux, il faut être « efficace », ce qui dans une société matérialiste et d’économie libérale signifie « gagner de l’argent, gagner beaucoup d’argent ». Le tout devient, de ce fait, assez ambigu : les « scientifiques » sont obligés, pour gagner leur vie, de se soumettre aux conditions de leurs employeurs qui eux-mêmes sont soumis aux règles du marché libéral… Les « consommateurs » qui sont les « clients » nécessaires et convoités de la vie économique , sont soumis à d’autres critères…Ils ont des « besoins » auxquels l’économie doit répondre. Or pour « produire », il faut aussi de la science . La société moderne axée sur la consommation doit produire beaucoup pour baisser le coût de production et « inventer » sans cesse de nouveaux produits, pour susciter de nouveaux besoins. C’est la raison d’être de la publicité ! Comment sortir de ce cercle vicieux qui, en fait, rend les individus de moins en moins libres ? La véritable liberté humaine consiste-t-elle vraiment à mettre la connaissance, la science à contribution à de seules fins utilitaires et commerciales ? Pour créer « n’importe quoi », sans discernement, sans morale, dans le seul but de « vendre » ? Il suffit d’observer par ex. la part de « pseudo-science » mise à contribution dans les messages publicitaires, pour prouver « l’efficacité » de telle crème de beauté ou tel élixir de jeunesse ! Ne serait-il pas salutaire, si ces « déviances » pouvaient réveiller en nous le simple « bon sens » et susciter en nous un sursaut ? Si ces « détournements de la science » possibles dans des « inventions de mort » dans les industries d’armement ou dans des applications ridicules ou dégradantes pour l’être humain, dans la vie quotidienne, pouvaient éveiller en nous, par une sorte de « démonstration par l’absurde », la conscience des limites d’une société enlisée dans un matérialisme unilatéral ? Le nombre de dépressions, de suicides, de violences ne reflète-t-il pas « l’inhumanité et les déviations de notre société » ? Ces crises ne sont-elles pas les symptômes d’une société « qui a perdu son âme » ? En se laissant entraîner dans la dérive matérialiste initiée par la science moderne limitant la réalité à la seule matérialité, l’image humaine s’est réduite à sa dimension « physique, animale ».
L’écrivain et penseur H.E. Lauer (évoqué plus haut), dit à ce sujet : « Il est clair que dégrader ainsi l’être humain pour le ramener au niveau d’un être purement naturel –animal ou machine- aboutit forcément à lui dénier toute liberté, qui est cependant la condition préalable et essentielle des distinctions et des décisions dans le domaine moral. Car dans la nature, il n’y a pas de liberté, mais seulement des causes et des effets. Cette négation supprime ainsi toute possibilité d’élaborer des principes directeurs ou des buts moraux. Le « nihilisme moral » déjà proclamé, en son temps, par Nietzsche, est la conséquence inéluctable de ces conceptions ».
Comment sortir de cette impasse ? Nous connaissons aujourd’hui les conséquences, dans tous les domaines de la vie sociale, d’une vision matérialiste de l’être humain…Et la grande question, que les grecs inscrivaient au fronton de leurs temples « Connais-toi toi-même ! », reprend toute sa force et son actualité. Qui sommes-nous vraiment, au-delà de notre seule existence physique, matérielle ? Si, en restant dans le domaine de l’hypothèse, nous avions, au-delà de notre réalité physique (qui nous rend solidaire du monde matériel, physique qui nous entoure), une réalité « spirituelle », il faudrait dès lors aussi en déduire, que le monde « naturel, physique » aurait aussi une existence spirituelle apparemment non accessible aux méthodes d’investigations scientifiques actuelles ! Tout en serait changé ! Et il faudrait en tenir compte aussi dans tous les domaines de la vie sociale ! Il faudrait reconsidérer des domaines aussi importants que l’éducation, la médecine, l’agriculture, l’économie etc…Notre monde, notre société, notre vision des choses, des êtres et des évènements seraient radicalement changés ! Même notre approche religieuse, spirituelle serait différente ! Peut-être qu’il n’y aurait plus de « guerres idéologiques, religieuses », plus de « dogmatisme religieux ou scientifique ».
Un penseur visionnaire propose cette « révolution » de l’esprit : Rudolf Steiner (1861-1925), l’initiateur de la « science spirituelle » ou « Anthroposophie (Anthropos=l’homme et Sophia=sagesse). Il décrit à la fois « les outils de travail » et « la méthode de travail » nécessaires pour la connaissance, l’investigation du monde spirituel. C’est avec la même rigueur, mais avec les instruments adéquats à cet effet (il va de soi que les instruments matériels valables pour l’étude du monde matériel ne sont pas adaptés à l’étude des mondes supra-sensibles, sinon la science physique ne nierait pas une telle existence.. !), que R. Steiner a étudié la « réalité spirituelle des êtres et des choses ». Pour lui, la réalité matérielle et la réalité spirituelle sont en fait les deux faces d’une seule médaille ! Les deux forment une unité : c’est pourquoi, pour sortir de l’impasse, les scientifiques du futur, devront ajouter à la science actuelle, celle qui a été initiée par Rudolf Steiner, au début du 20éme siècle : la science spirituelle.
Tout cela suppose, au préalable, que la conscience humaine s’élargisse, que l’être humain prenne conscience de sa véritable nature. La connaissance de soi est indispensable. Il se révèle alors que la connaissance de soi et la pleine réalisation de l’être humain sont les deux aspects d’une seule et même chose. L’une n’est possible sans l’autre et toutes deux se rendent mutuellement possibles. Le « point d’appui » de cette évolution possible est la pensée individuelle humaine. Connaître la véritable nature du « penser humain », de la « liberté humaine » est la condition essentielle de l’évolution humaine. C’est en découvrant sa nature profonde, que l’homme deviendra libre et par là aussi responsable, donc moral. Ainsi, par une prise de conscience individuelle, la société et la vie sociale deviendront « humaines et morales ».
Dans cette optique, les crises nombreuses dans notre société devraient nous « faire réfléchir », nous inciter à nous poser les bonnes questions , pour trouver les solutions qui puissent redonner aux hommes l’espoir en un monde meilleur. L’œuvre immense de Rudolf Steiner est aujourd’hui accessible à tous (même par Internet) et peut vraiment changer notre vie !

12.04.2007

"L'affaire du tombeau de Jésus"...Un symptôme de notre temps

La tombe de Jésus découverte ?
Une polémique sur le choix : Jésus ou Jésus-Christ ?

En février 2007 le « Figaro » écrivait : « la présentation du documentaire La tombe perdue de Jésus, réalisé par l’Américain James Cameron, à qui l’on doit Titanic et Terminator, a déclenché une vive polémique en Terre Sainte ».
Quelle était la source de ce débat ?

En 1980 des archéologues américains et israéliens avaient découvert - en se basant soi-disant sur les « sources historiques » des Evangiles – lors de fouilles dans le quartier de Talpiot situé à quelques kms de la vieille ville de Jérusalem, un tombeau portant, parmi d’autres inscriptions, celle de « Jésus fils de Joseph »…A partir de là, poussés par des motivations pour le moins contestables, certains « spécialistes » présentèrent bientôt leurs hypothèses assez fantaisistes, comme des preuves scientifiques…Ces spéculations, soutenues par des médias peu scrupuleux, furent rapidement « formatées » et présentées comme des « découvertes sensationnelles » mettant en doute ce qui forme la base-même du Christianisme, à savoir la résurrection de Jésus/Christ.
Cette « remise en cause » se concrétisa, outre des articles divers publiés à cet effet, dans la réalisation d’un documentaire produit par James Cameron et réalisé par l’Israélien Simcha Jacobovici. Le lancement du film profita de la « longue expérience hollywoodienne » experte en publicité et marketing. Nul n’a oublié les efforts qui furent déployés pour le lancement de films tels « La dernière tentation du Christ », « Titanic » ou « Da Vinci Code »…Pour souligner le « courage et l’intégrité de son propos », James Cameron n’hésite pas à affirmer, lors d’une conférence de presse à la Public Library de New York : « En tant que documentariste, je ne dois pas avoir peur de chercher la vérité… » en ajoutant la présence de « preuves tangibles et inédites » de l’existence physique de Jésus…
Ce « documentaire » se présente comme un véritable « scoop » et sera très rapidement programmé sur la chaîne câblée Discovery Channel. Et personne ne saurait contester le « caractère exceptionnel » du film : présenter pour la première fois le « tombeau de Jésus, de Marie-Madeleine (son épouse..) et de « leur fils » Judas… ! Une « tombe familiale » ordinaire comme il y en a tant en Israel…Cette « révélation » est d’autant plus sensationnelle qu’elle pourrait, de par sa symbolique, être traduite par « que de choses, en peu de mots, sont dites .. ! « Jésus, un juif ordinaire, enterré avec son épouse et leur fils »…Balayée tout velléité de Christianisme, toute espérance en un " Jésus-Christ ressuscité !".
Nous laissons aux lectrices et lecteurs intéressés par les détails de « l’affaire de la tombe de Jésus », le soin de s’informer directement sur ce sujet sur les nombreux sites sur internet.
Les « preuves » pseudo-scientifiques évoquées par le documentaire de James Cameron ont été largement réfutées depuis par le monde scientifique. Un professeur de mathématique de l’université de Toronto a calculé que la probabilité que le tombeau de Talpiot soit celui de Jésus est de 600 contre 1 !!



Ce qui nous semble bien plus significatif, ce sont les polémiques que ce soit-disant « scoop » a occasionnées.
Au-delà du « fait divers » et de « l’effet d’annonce », les passions et les affrontements suscités sont autant de symptômes d’une société qui cherche ses repères. « L’affaire du tombeau » est devenue la pierre d’achoppement où « croyants et non-croyants » défendent farouchement leurs points de vue.
Et ces affrontements sont révélateurs de notre monde actuel où le regard et la dynamique matérialistes envahissent de plus en plus le monde, avec tous les effets de déshumanisation qui en découlent. Dans les sociétés humaines, athées et croyants de toutes obédiences, se trouvent confrontés à la précarité et aux peurs qui en découlent. Les premiers sombrent souvent dans la dépression ou se défoulent dans la violence…les seconds survivent souvent grâce à une espérance de transcendance, de protection, d’immortalité, en s’appuyant sur « leur religion » ou « leur spiritualité personnelle ».

Lors de discussions passionnées les « certitudes personnelles » s’affrontent, les doutes intimes se traduisent souvent par des comportements d’ironies, parfois de violences. On s’accroche à ses certitudes comme à une bouée de sauvetage. Le matérialiste, l’athée dénonceront toutes formes de religion ou de croyance comme une fuite devant la réalité, comme une réponse illusoire de l’individu qui a peur devant une mort inéluctable inscrite dans son futur. Face au « réalisme matérialiste », le « croyant » ne peut que se réfugier dans « son intime conviction » qui peut être mise à rude épreuve lors d’évènements douloureux dans sa vie. Les points de vue du « scientifique » par vocation tributaire de la réalité matérielle et du « croyant » par tradition ou conviction semblent donc a priori inconciliables. Dans un passé pas tellement lointain, cela ne fut pas toujours le cas. Les « ancêtres » des scientifiques admettaient encore deux réalités spécifiques, celle du physique et celle du spirituel. Le philosophe allemand E. Kant (1724-1804) fut le premier à dissocier la réalité matérielle objective qui est le domaine d’études des sciences et le « domaine spirituel » qui est du ressort du « subjectif » donc du non- vérifiable, donc par là-même du « non-réel. Depuis, l’approche scientifique est devenue essentiellement matérielle : tout ce qui ne peut être étudié concrètement, analysé, disséqué, soumis à l’expérimentation reproductible, n’existe pas. Le spirituel n’a pas d’existence matérielle, donc il est une fiction pour le scientifique…
Dans cette dynamique, le « croyant » n’a aucune crédibilité, puisqu’il ne peut « prouver ou démontrer » ce qu’il affirme. Et «le scientifique » pourra même affirmer que les sciences ont un caractère d’universalité, parce qu’elles se basent sur l’objectivité. Au-delà des affrontements des « thèses scientifiques qui devront prouver leur caractère de véracité par l’expérimentation », les scientifiques pourront toujours s’accorder, parce que leur approche est basée sur la réalité matérielle qui est la même pour tous. Cela n’est certes pas le cas parmi « les croyants » dont les « articles de foi » sont aussi divers que divergents voire contradictoires ! Leur seul point commun est l’affirmation d’une transcendance que personne ne peut cependant « prouver ». Cette situation fait que cette incapacité peut pousser des croyants à des réactions de violence, en cas de conflits.

« L’affaire du tombeau » est symptomatique pour ce genre de conflit. Quels sont les acteurs de ce conflit ? D’abord ceux qui sont à l’origine de « la provocation » : des archéologues, James Cameron (un représentant de « l’organisation médiatique hollywoodienne » , Simcha Jacobovici le réalisateur israélien (non chrétien) et divers spécialistes des médias plus préoccupés par le business que par le souci de vérité…Le « documentaire » n’est donc, a priori, pas réalisé par des sujets en sympathie ou en empathie avec le monde chrétien. Prouver l’existence matérielle de la « tombe quasi familiale » de Jésus, c’est détruire du même coup toutes les bases de la foi chrétienne , selon la lettre de Saint-Paul (I.Cor.,14/15) : « Mais si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi notre foi….. ».

Face à cette menace mortelle, le monde chrétien ne peut que s’insurger avec véhémence. Cependant les représentants et responsables de la mouvance chrétienne sont dans une situation de plus en plus difficile. Dans un monde matérialiste, de plus en plus de croyants sont pris de doutes, sont déstabilisés face à un monde scientifique qui se fait fort de tout démontrer, surtout quand il s’agit de prouver que « seul le matériel est vrai » ! Dans le monde dit moderne, l’individu est sans cesse placé devant le dilemme : se plier « aux certitudes affichées des scientifiques » et trahir ses convictions (ou espérance intérieure), ou conserver sa foi quitte à vivre dans une continuelle duplicité ? L’évidente suprématie du monde physique, la réalité directe, emportera toujours, dans un premier temps, une victoire sur le spirituel. Et à tout moment le croyant sera placé devant cette « tentation ». Ce qui pousse les responsables religieux à plus de vigilance, parfois à l’intégrisme et ses dérives…
Dans notre monde occidental, les conséquences d’un matérialisme qui a envahi toutes les activités sociales, se révèlent de plus en plus fatales pour l’individu. Déstabilisés dans une société souvent déshumanisée, les hommes sont en nombre croissant en « recherche de spiritualité », en « quête de connaissance sur le sens de leur vie ». Certains se dirigent vers le Bouddhisme ou d’autres spiritualités orientales, d’autres vers des sectes diverses…Ce phénomène traduit pragmatiquement que l’être ne se réalise pas dans l’unique matérialité.

« L’affaire du tombeau » est bien révélatrice de l’affrontement entre le matérialisme athée qui met tous ses efforts à vouloir « démontrer » l’ineptie d’une prétention à une quelconque transcendance, et les « spiritualistes » qui défendent avec acharnement leur « foi » qui est pour eux un besoin profond et vital. Les premiers s’appliquent à réduire le « fait christique » à la seule dimension physique, donc éphémère de « Jésus de Nazareth ». Les seconds affirment leur foi en « Jésus-Christ » c.à d. en « Jésus-homme mort sur la croix, enterré et ressuscité comme Christ Rédempteur pour tous les hommes ». La différence est de poids et explique les émotions des tenants et adversaires du Christianisme !

Sciences et spiritualité sont-elles irréconciliables ? L’attitude « kantienne » est-elle fondée à jamais, est-elle irréversible ?
Peut-on introduire de la science dans la spiritualité et inversement redonner à la science une approche spirituelle ?
Cela semble irréaliste…Et pourtant…L’œuvre de Teilhard de Chardin (1881-1955) s’efforce de rapprocher spiritualité et science. De même, l’écrivain et philosophe visionnaire Rudolf Steiner (1861-1925) a fondé une « science spirituelle » qualifiée aussi « d’Anthroposophie » (du grec Anthropos=l’homme et Sophia=sagesse/ donc lit. « la sagesse de l’homme »). Dans des centaines de conférences (publiées dans plus de 450 livres et publications diverses, accessibles au grand public), R. Steiner a ouvert des perspectives nouvelles où science et spiritualité se complètent au lieu de s’affronter. Pour lui l’aspect physique et l’aspect spirituel, loin d’être contradictoires, sont complémentaires. En fait, les deux côtés d’une seule et même médaille. La réalité matérielle qui est tenue comme la seule vraie, parce que tangible et visible à l’œil humain est, selon l’enseignement de R. Steiner « sous-tendue « par la « réalité spirituelle »qui en est la véritable origine.

L’approche de Rudolf Steiner éclaire aussi d’une lumière toute nouvelle la compréhension du Christ qui, selon lui, au-delà des confessions diverses, est une « force spirituelle cosmique » qui est non seulement la force d’Amour fondatrice de l’être humain, mais aussi l’Esprit qui le guide au cours de son évolution. Un élève de Rudolf Steiner, Hans Erhard Lauer (1899-1979), a écrit un livre fondamental sur ce sujet : « L’Anthroposophie et l’avenir du Christianisme ». Les sujets abordés dans ce livre sont de la plus grande importance et répondent parfaitement aux interrogations de notre temps. Pour celles et ceux qui sont curieux d’aborder ces thèmes, nous recommandons le site sur free : http .//radher.free.fr
Ce site intitulé « Anthroposophie et Christianisme » est très intéressant car il est ouvert à tous et permet aussi – si besoin est – de poser des questions et de recevoir des réponses individuelles, en toute confidentialité. Il donne aussi des informations sur l’œuvre de R. Steiner ainsi qu’une courte biographie de H. E. Lauer.