09.09.2007
Quel est mon niveau de conscience ?
Tel monsieur Jourdain de Molière qui s’étonnait de « faire de la prose sans le savoir », nous utilisons notre conscience sans souvent nous en rendre compte ! Or notre prise de conscience est un facteur essentiel dans notre vie. En effet, pendant que nous dormons, nous n’avons pas conscience… Notre conscience de veille est bien différente de notre conscience de rêve…sinon nous n’aurions pas conscience d’avoir rêvé ! Cela n’est-il pas quelque peu curieux ? Pris dans le flux du quotidien, nous ne nous posons pas ces questions : tout va de soi, la vie est ainsi faite que « l’homme fonctionne ainsi »…
Or tout cela est-il tellement banal ? En quoi consiste en fait notre « conscience » ? Elle est l’aboutissement d’un mécanisme qui semble simple, mais qui est en réalité bien plus complexe. Notre « prise de conscience » s’appuie sur deux facteurs déterminants : la perception et la pensée. Si nous sommes en état de veille, nos « sens » (vue, ouie, odorat, toucher, goût..), nous transmettent des signaux qui seraient en fait inintelligibles si notre cerveau, notre pensée ne mettait une « étiquette » sur les phénomènes perçus. Ainsi une chaise, par ex., perçue par mes yeux ne serait pour moi qu’une forme incompréhensible, si ma pensée analytique n’ajoutait le « concept chaise ». C’est donc la jonction de la perception et de la pensée qui me révèle le sens de ce que je vois. Et tout phénomène de « prise de conscience » s’appuie obligatoirement sur ces critères.
Une des conséquences normales de ce phénomène, est que, dans la vie de tous les jours, notre « prise de conscience » s’étend à un nombre sans cesse croissant de perceptions qui sollicitent notre pensée, pour être comprises. Ce nombre incalculable de perceptions de toute nature, qui captent non seulement notre environnement mais aussi notre espace intérieur (nos sentiments, nos émotions, nos états d’âme ), sollicitent constamment notre activité pensante et marquent de leur empreinte notre être profond . Notre conscience évolue de la sorte et s’enrichit au fil des années, nos impressions s’accumulent dans l’espace de notre capacité du « souvenir » : notre conscience d’enfant n’est pas la même que notre conscience d’adulte…Elle n’est pas la même à 20, 40, 60, 80 ans…Notre état de conscience évolue sans cesse au courant de notre vie, nos expériences se diversifient et se multiplient.. Nous sommes capables de mûrir , de changer nos comportements, de devenir plus intelligents et d’un point de vue philosophique, parfois plus sages . Un des buts de la vie consisterait-il à vivre des expériences de réussites, d’échecs, de joies, de peines…pour apprendre et changer c. à d. élargir constamment notre champ de conscience ?
Notre société occidentale essentiellement matérialiste, se définit comme « scientifique » et s’affirme par deux axiomes :
- la seule réalité est la réalité physique, matérielle,
- toute réalité physique s’appuie sur des lois qui expliquent la genèse et le fonctionnement des êtres et des choses.
Dans cette approche, toute réalité spirituelle est exclue, car elle n’appartient pas au domaine du visible. L’histoire de l’univers et du monde en particulier, doit dès lors être explicable « matériellement et scientifiquement ». Les spécialistes parlent du « big bang », d’une sorte d’explosion originelle qui aurait mis en route une évolution dont l’aboutissement serait notre terre actuelle avec sa faune, sa flore et tous les règnes de la nature qui incluent aussi l’homme. Le tout serait le résultat d’une dynamique que le grand scientifique et prix Nobel, Jacques Monod, définit comme celle du « hasard et de la nécessité ». Dans cette perspective, « l’ours blanc » est devenu ce qu’il est, parce qu’une « suite de hasards » aurait fait que ses gènes se sont structurés pour aboutir à ce que nous appelons « ours » et s’il est de couleur blanche , ce serait par « nécessité », car cela s’avère utile d’être blanc, pour une bête vivant dans le grand nord ... Il ne s’agit, ici, nullement de contester le bien-fondé de la thèse de J. Monot, pour affirmer une opinion « anti-évolutionniste ». Mais cette assertion suffit-elle vraiment à assouvir notre curiosité, répondre à nos questions et à notre désir de vouloir comprendre ? Quand nous songeons à l’extrême complexité de notre propre être, cette explication nous suffit-elle ? Combien de « hasards et de nécessités » se sont succédés pour « construire » ce que je suis ? Si l’être humain n’est que le résultat des effets conjugués du hasard et de la nécessité, comment saurait-il se percevoir et s’affirmer comme un être responsable et libre ? La science nous apprend que tout s’explique par des causes et des effets. Les œuvres de nos plus grands artistes sont le résultat d’une volonté créatrice et d’une vision préliminaire imaginative de l’artiste. Comment admettre que les merveilles de nos cultures ne seraient que l’aboutissement d’un enchaînement de hasards et de nécessités ? Notre bon sens et notre raison refusent de le croire. Devons-nous accepter sans discernement toutes les thèses et assertions dès lors qu’elles proviennent d’autorités scientifiques ? Ou encore dans un autre contexte que représentent les médias, dont l’influence est aujourd’hui prédominante, devons-nous nous aligner sur telle ou telle opinion ou affirmation ? Un exemple parmi d’autres : quand plusieurs accidents d’avions se suivent, les journalistes parlent de la « loi des séries »…Cela a-t-il vraiment un sens ? C’est un peu comme si on parlait de « la loi du destin »…La définition de « loi » dans ce contexte, selon le Larousse est : « ce qui impose un évènement ». Or, si on reste dans un contexte purement matérialiste et scientifique, il faudrait fournir, dans ce cas de figure, une explication sur la signification véritable de ce « ce » quelque peu mystérieux qui impose par ex. la fatalité liée à une succession de catastrophes aériennes…Comment cela est-il possible, tout en restant dans la réalité physique, tangible et vérifiable : on est là devant une impossibilité flagrante ! Mais cela est tellement rassurant de fournir une « explication », même si elle est vide de sens…
A partir de telles petites expériences de la vie, nous pouvons « tester » notre niveau de conscience pour aborder les êtres et les évènements en profondeur. Restons-nous en « marge », à la surface des êtres et des évènements ou notre conscience nous pousse-t-elle plus loin, pour chercher la vérité, à la lumière de notre propre intelligence, notre bon sens, notre capacité de jugement ?
Tout ce qui s’est passé dans l’histoire des hommes peut être analysé sous l’angle de la conscience des peuples, des individus. Si nos comportements ont changé au courant de l’histoire c’est parce que notre niveau de conscience a évolué au fil du temps, au contact d’expériences nouvelles, par l’acquisition de connaissances nouvelles, grâce notamment à nos propres études sur des sujets divers. A l’opposé nous pourrons trouver des niveaux de conscience qui stagnent ou régressent, par ex. dans toutes les formes d’intégrisme, de fanatisme, de conservatisme, dont nous mesurons aujourd’hui les dangers.
Nous avons essayé d’esquisser, très brièvement, l’importance du « niveau de conscience » dans l’évolution des sociétés et de chaque individu en particulier. Un des domaines les moins « explorés » aujourd’hui est celui de « l’expérience humaine intérieure ». Dans notre monde matérialiste, tout est axé sur la vie extérieure, physique, matérielle. D’innombrables publicités, émissions télévisées, publications diverses se consacrent à « l’aspect physique » des choses et des êtres humains. La beauté, le maintien de la jeunesse, la séduction physique sont autant de thèmes proposés pour vendre des produits commerciaux de plus en plus « performants » ! Au-delà des instincts primaires et des émotions basiques, superficielles utilisées à seule fin de pouvoir « vendre », la vie intérieure humaine n’est guère sollicitée et encore moins nourrie...
Hors « l’introspection philosophique », souvent livresque, on s’interroge très peu sur notre vie intérieure, c. à d. sur notre espace personnel, subjectif : « notre âme ». Or, la « prise de conscience » ne concerne pas seulement notre vie et nos perceptions extérieures, mais aussi notre vie et nos perceptions intérieures… Avons-nous déjà vécu l’expérience de ces dernières ? Le grand philosophe, penseur et ésotériste autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a consacré sa vie à cette recherche. Son œuvre immense et son enseignement sont aujourd’hui accessibles à tous. Il propose, entre autres, un chemin initiatique où, en toute liberté, chaque individualité peut découvrir sa dimension intérieure, sa véritable nature et accéder à des dimensions fermées à la seule approche matérielle. Chacun peut faire l’expérience personnelle de l’existence d’autres « espaces » que celui de la matérialité. Car pour connaître les dimensions spirituelles, il faut pouvoir en faire personnellement l’expérience, sinon tout reste pure théorie. R. Steiner propose des moyens d’investigation du monde spirituel qui ouvrent la voie à de nouvelles connaissances. Les perceptions et pensées focalisées sur notre dimension intérieure, élargissent et enrichissent progressivement notre champ de conscience . L’être humain fait alors l’expérience que derrière le monde matériel physique existe un monde « spirituel » qui le génère et l’anime. Cette « découverte personnelle » changera son point de vue habituel, ouvrira sa conscience à d’autres réalités, d’autres vérités plus importantes. Grâce à sa conscience élargie, il pourra trouver les vraies réponses à ses questions existentielles. Sa vie quotidienne en sera changée et prendra un nouveau « sens ».
R. Steiner, par son enseignement connu sous la dénomination Anthroposophie, nous rend attentifs à la nature profonde de notre être, qui est d’essence spirituelle. Pour tous ceux et celles qui sont en recherche pour trouver le sens de la vie, de la mort, de la nature véritable de l’être humain, de celle de la liberté, de la dimension christique dans l’histoire et l’évolution humaine, l’œuvre de R. Steiner peut être un grand enrichissement.
Il existe le site radher.free.fr ( « Anthroposophie et Christianisme ») qui offre la possibilité d’approcher, en toute liberté, les questions soulevées dans le texte ci-dessus. Un élève proche de R. Steiner, le Dr.H.E.Lauer a consacré un grand nombre d’ouvrages qui soulignent l’utilité de l’Anthroposophie pour analyser les causes des difficultés de notre temps et proposer des voies nouvelles pour essayer de trouver des solutions adaptées aux problèmes actuels. Car il faut vraiment une nouvelle « prise de conscience » pour comprendre ce qui se passe dans le monde, connaître l’être humain dans sa totalité de corps physique + âme (vie intérieure) + esprit (sa pensée) et construire une société adaptée à ces réalités. Pour sortir de l’impasse d’une vision matérialiste et inhumaine de notre société, il faut faire l’effort d’une nouvelle prise de conscience. Il s’agit d’un parcours personnel, basé sur la liberté individuelle et la volonté de « dépassement » dans tous les sens du terme. Aller au-delà de sa nature physique pour découvrir ses racines véritables qui sont de nature spirituelles.
08:16 Publié dans Choix de société, choix de vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, conscience, spiritualité, liberté, R.Steiner, religion
30.05.2007
Science matérielle ou/et science spirituelle ?
La responsabilité des scientifiques dans la société contemporaine.
On sait que la science moderne date du 16ème siècle. Avant cette ère, la connaissance était un curieux mélange fait d’observation, de pragmatisme, de spiritualité, d’alchimie, de théologie et d’idées venues encore des cultures grecques et latines. Le « savant » du Moyen Age était bien différent du scientifique d’aujourd’hui ! La spiritualité et l’irrationnel y tenaient encore une large part. Puis la curiosité des « chercheurs » s’est concentrée de plus en plus sur le monde sensible, le monde physique matériel…Observation du monde microscopique dès l’invention du « microscope », du monde macroscopique dès la découverte de la « lunette de Galilée » en 1609. Galilée (1564-1642) est entré dans l’Histoire par le fameux « procès » que lui avait intenté l’Eglise romaine : en introduisant l’emploi de la lunette en astronomie, il a été à l’origine d’une véritable révolution dans l’observation de l’univers…Nous n’entrerons pas dans ce sujet traité dans de nombreux ouvrages…Ce qu’il faut retenir, c’est que « la science moderne » initiée au 16ème siècle et sans cesse développée par la suite, se penchera dès lors exclusivement sur le monde « concret physique », le seul susceptible d’être observé par les sens humains, d’être analysé et soumis à l’expérimentation…
C’est à partir de ce moment que la science n’est plus cultivée pour la pure connaissance, de manière désintéressée, mais essentiellement en vue d’acquérir la maîtrise des forces naturelles dont la technique moderne est l’agent. Francis Bacon (1561-1626), philosophe et savant anglais, très influent à son époque, n’avait-il pas dit : « le savoir est le pouvoir » ! Et tous les efforts déployés pour arriver à cette puissance purent être considérés comme conciliables avec la morale traditionnelle, dès lors qu’ils contribuaient à élever le niveau matériel et spirituel du plus grand nombre de personnes. Même la morale religieuse y trouvait son compte : la Genèse (Ancien Testament) ne disait-elle pas que « l’homme avait reçu de Dieu, la mission de dominer la terre » ? Vu sous cet angle, la science pouvait donc contribuer à rendre l’homme plus heureux.
Nous savons, hélas, aujourd’hui, depuis les deux guerres mondiales, depuis Hiroshima et Nagasaki, entre autres, que la science et les techniques qu’y en découlent, peuvent se diriger contre l’homme et l’anéantir…La science, dans cette optique, prend dès lors une attitude d’indifférence vis-à-vis de la morale . Bien entendu, on ne saurait « accuser la science d’être amorale voire immorale », cela n’aurait pas de sens. Mais il devient évident que la science seule, est neutre, et que la « qualité de moralité qu’elle endosse » n’est que la conséquence, le reflet de ceux qui l’emploient, la pratiquent. Dans toutes les situations données, c’est toujours l’homme qui, en dernier ressort, doit endosser la responsabilité de ses actes. La décadence des notions morales issues des croyances religieuses, dès le moment où la science s’est émancipée de la religion, était donc prévisible et inévitable. C’est pourquoi la civilisation actuelle est caractérisée par un pluralisme non seulement social, mais aussi moral. La décision d’utilisation des résultats du travail scientifique (neutres moralement parlant), pour le « bien ou le mal », pour le progrès ou l’anéantissement de l’existence humaine, reste strictement l’affaire de l’individu. Responsabilité vraiment effrayante, mais réelle pour le scientifique ! H.E.Lauer, un élève du penseur visionnaire Rudolf Steiner (consulter le site http://radher.free.fr), dit à ce sujet : « En se dérobant par principe à une telle décision, en s’adonnant à la recherche sans tenir compte des conséquences d’ordre moral que leurs résultats pourraient avoir, les savants glissent dans l’inhumanité. Il ne faut donc, dès lors, pas s’étonner qu’ils aient mis au service de la volonté de puissance, telle que nos états modernes l’incarnent, les fruits de cette recherche, à savoir la possibilité donnée à l’humanité (et pour la première fois dans l’histoire humaine), de se détruire elle-même…. ». Et le problème ne devient certes pas moindre si on tient compte des grands intérêts économiques et financiers qui sont en jeu…
Nous pouvons aujourd’hui observer les nombreuses dérives d’une science, lorsqu’elle est mise au service de seuls enjeux économiques, pour créer, inventer, grâce à des techniques de plus en plus sophistiquées, des produits inutiles et parfois dangereux, parce que « la loi du marché et la course au profit » ont depuis longtemps remplacé la morale. La moralité dans le monde économique prête à sourire…Pour être pris au sérieux, il faut être « efficace », ce qui dans une société matérialiste et d’économie libérale signifie « gagner de l’argent, gagner beaucoup d’argent ». Le tout devient, de ce fait, assez ambigu : les « scientifiques » sont obligés, pour gagner leur vie, de se soumettre aux conditions de leurs employeurs qui eux-mêmes sont soumis aux règles du marché libéral… Les « consommateurs » qui sont les « clients » nécessaires et convoités de la vie économique , sont soumis à d’autres critères…Ils ont des « besoins » auxquels l’économie doit répondre. Or pour « produire », il faut aussi de la science . La société moderne axée sur la consommation doit produire beaucoup pour baisser le coût de production et « inventer » sans cesse de nouveaux produits, pour susciter de nouveaux besoins. C’est la raison d’être de la publicité ! Comment sortir de ce cercle vicieux qui, en fait, rend les individus de moins en moins libres ? La véritable liberté humaine consiste-t-elle vraiment à mettre la connaissance, la science à contribution à de seules fins utilitaires et commerciales ? Pour créer « n’importe quoi », sans discernement, sans morale, dans le seul but de « vendre » ? Il suffit d’observer par ex. la part de « pseudo-science » mise à contribution dans les messages publicitaires, pour prouver « l’efficacité » de telle crème de beauté ou tel élixir de jeunesse ! Ne serait-il pas salutaire, si ces « déviances » pouvaient réveiller en nous le simple « bon sens » et susciter en nous un sursaut ? Si ces « détournements de la science » possibles dans des « inventions de mort » dans les industries d’armement ou dans des applications ridicules ou dégradantes pour l’être humain, dans la vie quotidienne, pouvaient éveiller en nous, par une sorte de « démonstration par l’absurde », la conscience des limites d’une société enlisée dans un matérialisme unilatéral ? Le nombre de dépressions, de suicides, de violences ne reflète-t-il pas « l’inhumanité et les déviations de notre société » ? Ces crises ne sont-elles pas les symptômes d’une société « qui a perdu son âme » ? En se laissant entraîner dans la dérive matérialiste initiée par la science moderne limitant la réalité à la seule matérialité, l’image humaine s’est réduite à sa dimension « physique, animale ».
L’écrivain et penseur H.E. Lauer (évoqué plus haut), dit à ce sujet : « Il est clair que dégrader ainsi l’être humain pour le ramener au niveau d’un être purement naturel –animal ou machine- aboutit forcément à lui dénier toute liberté, qui est cependant la condition préalable et essentielle des distinctions et des décisions dans le domaine moral. Car dans la nature, il n’y a pas de liberté, mais seulement des causes et des effets. Cette négation supprime ainsi toute possibilité d’élaborer des principes directeurs ou des buts moraux. Le « nihilisme moral » déjà proclamé, en son temps, par Nietzsche, est la conséquence inéluctable de ces conceptions ».
Comment sortir de cette impasse ? Nous connaissons aujourd’hui les conséquences, dans tous les domaines de la vie sociale, d’une vision matérialiste de l’être humain…Et la grande question, que les grecs inscrivaient au fronton de leurs temples « Connais-toi toi-même ! », reprend toute sa force et son actualité. Qui sommes-nous vraiment, au-delà de notre seule existence physique, matérielle ? Si, en restant dans le domaine de l’hypothèse, nous avions, au-delà de notre réalité physique (qui nous rend solidaire du monde matériel, physique qui nous entoure), une réalité « spirituelle », il faudrait dès lors aussi en déduire, que le monde « naturel, physique » aurait aussi une existence spirituelle apparemment non accessible aux méthodes d’investigations scientifiques actuelles ! Tout en serait changé ! Et il faudrait en tenir compte aussi dans tous les domaines de la vie sociale ! Il faudrait reconsidérer des domaines aussi importants que l’éducation, la médecine, l’agriculture, l’économie etc…Notre monde, notre société, notre vision des choses, des êtres et des évènements seraient radicalement changés ! Même notre approche religieuse, spirituelle serait différente ! Peut-être qu’il n’y aurait plus de « guerres idéologiques, religieuses », plus de « dogmatisme religieux ou scientifique ».
Un penseur visionnaire propose cette « révolution » de l’esprit : Rudolf Steiner (1861-1925), l’initiateur de la « science spirituelle » ou « Anthroposophie (Anthropos=l’homme et Sophia=sagesse). Il décrit à la fois « les outils de travail » et « la méthode de travail » nécessaires pour la connaissance, l’investigation du monde spirituel. C’est avec la même rigueur, mais avec les instruments adéquats à cet effet (il va de soi que les instruments matériels valables pour l’étude du monde matériel ne sont pas adaptés à l’étude des mondes supra-sensibles, sinon la science physique ne nierait pas une telle existence.. !), que R. Steiner a étudié la « réalité spirituelle des êtres et des choses ». Pour lui, la réalité matérielle et la réalité spirituelle sont en fait les deux faces d’une seule médaille ! Les deux forment une unité : c’est pourquoi, pour sortir de l’impasse, les scientifiques du futur, devront ajouter à la science actuelle, celle qui a été initiée par Rudolf Steiner, au début du 20éme siècle : la science spirituelle.
Tout cela suppose, au préalable, que la conscience humaine s’élargisse, que l’être humain prenne conscience de sa véritable nature. La connaissance de soi est indispensable. Il se révèle alors que la connaissance de soi et la pleine réalisation de l’être humain sont les deux aspects d’une seule et même chose. L’une n’est possible sans l’autre et toutes deux se rendent mutuellement possibles. Le « point d’appui » de cette évolution possible est la pensée individuelle humaine. Connaître la véritable nature du « penser humain », de la « liberté humaine » est la condition essentielle de l’évolution humaine. C’est en découvrant sa nature profonde, que l’homme deviendra libre et par là aussi responsable, donc moral. Ainsi, par une prise de conscience individuelle, la société et la vie sociale deviendront « humaines et morales ».
Dans cette optique, les crises nombreuses dans notre société devraient nous « faire réfléchir », nous inciter à nous poser les bonnes questions , pour trouver les solutions qui puissent redonner aux hommes l’espoir en un monde meilleur. L’œuvre immense de Rudolf Steiner est aujourd’hui accessible à tous (même par Internet) et peut vraiment changer notre vie !
16:34 Publié dans Forum de la pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spiritualité, science, R.Steiner, H.E.Lauer, liberté, humanité, être humain
18.05.2007
Entre le matérialisme et la spiritualité...Le mystère de l'être humain.
A propos…Foire des livres, forum de toutes les idées ?
Une « foire des livres » est, au-delà de l’aspect purement commercial, un évènement culturel important. Découvrir les ouvrages récents, rencontrer les auteurs connus grâce aux médias, peut être passionnant. Echanger quelques propos avec eux, obtenir une petite dédicace du livre acheté, reste un souvenir sympathique. Mais les moments les plus précieux sont souvent ceux des conférences et des débats publics proposés lors de ces foires. Entendre et voir les auteurs exposer leurs points de vue sur des sujets actuels, notamment les problèmes de société, ouvrent des perspectives sur les mentalités actuelles. Les livres proposés ne reflètent-ils pas « l’air du temps » ?
Une des conférences fut assez originale, car il s’agissait d’une conférence « en duo » des frères Kahn (Jean-François K., le journaliste et fondateur de « Marianne » et Axel K. le « scientifique »). Le thème choisi était assez classique : celui du progrès…Les conditions et les limites du progrès… Le progrès « pour ou contre » l’homme ? Les deux frères, alternativement, proposèrent donc leurs points de vue : J.F.K. toujours véhément et passionné, soucieux de défendre la liberté et la dignité humaine…Axel K. donnant son point de vue scientifique et rationnel. Les avis croisés furent complémentaires, les deux frères proposant une analyse pluridisciplinaire des notions d’évolution et de progrès. Il en ressortait finalement que l’évolution impliquait le progrès, mais que ce dernier était relatif : ce n’est que dans une finalité profitable à l’émancipation de l’être humain que le progrès a un sens, sinon il devient une aliénation. Entre autres exemples, le problème des manipulations génétiques (OGM) devra être analysé et jugé afin de définir, tous critères confondus, la part de risques encourus ou d’effets bénéfiques pour l’humanité.
Dans une autre conférence tenue le lendemain , sur le thème « l’homme, ce roseau pensant… » Axel Kahn rappelait que « l’Homo sapiens » que nous sommes tous, présentait une « affligeante banalité biologique et génétique » (notre proximité avec les grands singes, sur le plan génétique, étant de 98,7%.. !) Restent les 1,3% qui font que l’homme est une créature spécifique et toujours étonnante qu’il est difficile de réduire à la seule matérialité. Comment comprendre les sentiments humains, l’idée de transcendance, le besoin de bonheur, d’amour, de liberté, de sacré et de tout de qui constitue « le propre de l’homme », en réduisant « ses états d’âme » à des phénomènes d’ordre purement naturel, physique ? Selon l’approche d’Axel K. on peut être admiratif, mais il faudrait se garder de tirer des conséquences trop hâtives quant à une éventuelle transcendance de l’être humain. On retrouve là une attitude classique du scientifique matérialiste honnête, « réaliste et prudent », condamné à un jugement qui ne peut qu’osciller entre « l’admiration, la volonté de vouloir comprendre et de douter continuellement ». On peut dire que l’approche de ces thèmes par Axel K. reste assez révélatrice du caractère quelque peu dogmatique des scientifiques de notre temps. Axel Kahn se dit « matérialiste » tout en reconnaissant que jusqu’à un passé pas tellement éloigné, les scientifiques n’étaient nullement opposés à une idée d’une transcendance possible, à l’existence d’une spiritualité…
N’est-il tout de même pas curieux que les scientifiques ne s’interrogent pas davantage sur les « 1,3% » qui font que l’être humain est l’Homo sapiens, ce « roseau pensant » qu’Axel Kahn évoque dans son livre.. et non « un grand singe » ?…Si le cerveau physique génère vraiment les pensées, le cerveau des grands singes devrait aussi en générer ! Or, cela reste à démontrer, car à ce jour, il n’existe pas de singe philosophe ou écrivain ! La génétique suffit-elle à expliquer le mystère du « penser » humain ? La pensée est-elle vraiment « fabriquée » par le cerveau physique humain ? L’homme génère-t-il des pensées ou les « reçoit-il d’en haut », comme l’entendait par ex. Platon qui parlait d’un « monde des idées » où l’être humain pouvait les puiser, pour en faire « ses idées » ? Dans cette hypothèse les idées ne seraient pas d’essence matérielle mais spirituelle et l’homme capable de les « capter » devrait avoir au moins une « certaine affinité » avec « ce monde spirituel où il puise ses idées »…Pourquoi une telle hypothèse serait-elle moins valable que celle qui décrète que le cerveau génère les pensées ? A ce jour la science sait que le cerveau humain émet des ondes mesurables, d’amplitudes variables selon les individus…Mais il n’est pas prouvé, par là, que ces ondes soient les pensées elles-mêmes quant à leur contenu ! On sait que l’être humain peut, par son « activité pensante », « avoir des idées », il peut « chercher et trouver parfois de bonnes idées ». Reste la question essentielle : est-ce vraiment lui qui génère ces idées ou « s’ouvre-t-il à elles » ? Le fameux « Eureka » aurait alors la signification de « j’ai trouvé la bonne idée ! » dans le « monde des idées » tel que l’entendait Platon… !
Le débat reste ouvert : et si le cerveau, telle une radio, qui transmet les ondes mais ne les génère pas, ne faisait que « refléter, transmettre des réalités spirituelles hors des contingences matérielles ? » Cela pourrait aussi être une possibilité !... N’est-il pas curieux que les scientifiques, qui par définition, devraient être ouverts à toutes les hypothèses, se ferment à cette dernière, par une vision unilatéralement matérialiste ? L’approche matérialiste définit-elle toute la réalité ou n’en décrit-elle qu’une partie ? La « vérité scientifique, basée sur le matériel » est-elle l’entière et l’unique vérité ? La réalité se limite-t-elle vraiment à celle du monde matériel physique ?
Autre conférencier, autre thème : le philosophe Luc Ferry sur le thème de son livre « Familles, je vous aime ». Dans un premier temps il expose la notion de famille et du sens du mariage au cours de l’évolution sociologique. Autrefois défini comme une association d’intérêt de groupe, de puissance, le mariage d’amour, tel que nous le concevons de nos jours, est une résultante d’une réforme sociale profonde, celle de l’accès au salariat. Par le salaire, l’individu accède à une forme d’autonomie qui lui permet d’échapper à la pression communautaire, lui conférant une nouvelle liberté : celle de se déterminer selon ses sentiments, ses choix. C’est l’accès possible au « mariage d’amour »…
Luc Ferry explique alors que les grecs avaient trois termes distincts pour la notion « amour » : « Eros » (l’amour physique pulsionnel, sexuel), « Philia » (l’amour « sentimental ») et « Agàpe » (amour transcendé, l’amour fusionnel total). Aujourd’hui une union se fait en toute liberté, par affinité, par « sentiment », ce qui amène aussi une possible précarité du couple, qui n’est plus soumis, comme jadis, à une quelconque contingence pécuniaire ou à une dynamique d’appartenance à une communauté, à un groupe. Ce qui induit aussi conséquemment la possibilité de séparations, de divorces…On sait qu’actuellement en France, un couple sur deux divorce à plus ou moins brève échéance …
Puis Luc Ferry arrive à la notion et à la valeur de la famille d’aujourd’hui. Il constate que la famille moderne constitue l’ultime lieu « sacralisé » pour lequel l’homme contemporain serait prêt à se sacrifier. Alors qu’autrefois les hommes étaient prêts à mourir pour leur Dieu, leur foi, leurs croyances… par la suite pour leur patrie, leurs convictions politiques, leurs idéaux, l’homme d’aujourd’hui « sacralise son enfant »… Que l’enfant soit de caractère « facile ou difficile », « qu’il soit gentil ou exaspérant », nous l’aimons au point de lui sacrifier, si besoin en était, notre propre vie. C’est « l’enfant-roi ». Et Luc Ferry souligne qu’il ne s’agit là d’aucun réflexe individualiste mais plutôt d’un nouvel humanisme mettant la personne au centre de toutes les valeurs autrefois attribuées à la religion ou à l’Etat. Il poursuit en soulignant que lui-même n’avait fait cette expérience du sentiment paternel inexplicable que la quarantaine passée…Son livre repose donc entièrement sur son expérience personnelle. Cela est sympathique et – de l’aveu même de Luc Ferry, complètement irrationnel ! Voilà qui est quand même intéressant pour un homme qui se dit « non-croyant et rationnel » !
A la fin de la conférence, Luc Ferry propose un débat, un échange d’idées… Un intervenant soumet les remarques suivantes :
-Revenant sur la notion de « mariage d’amour » et sur la remarque de L.Ferry qu’un mariage sur deux est actuellement voué à l’échec, se pose la question si cet échec n’était pas dû en partie, au fait que la notion d’amour se déclinait aujourd’hui souvent dans la seule définition « d’Eros » au lieu d’y associer progressivement celles de « Philia » et « d’Agàpe »…Un amour fondé uniquement sur Eros (c. à d. seulement sur la sexualité) n’est-il pas forcément condamné à l’échec, à long terme ?
-réponse de L.Ferry : la remarque sur l’insuffisance de l’amour uniquement basé sur « Eros » est pleinement justifiée et lui rappelle « une des plus belles encycliques du Pape Jean-Paul II sur l’amour humain ». Dans cette encyclique le Pape écrit que l’amour humain doit s’efforcer de dépasser le stade de l’égoïsme limité et enfermé dans la seule dimension physique de l’amour, pour tendre vers « un amour total, vers Agàpe », selon le terme grec…
-La « sacralisation de l’enfant » n’est-elle pas due d’une part au fait que l’enfant est vécu par ses parents comme leur « prolongement » (on se « retrouve » dans « son » enfant), et d’autre part au fait qu’ils y « trouvent » le miroir de leur propre transcendance ? Cette disponibilité « sacrificielle » des parents pour leur enfant n’est-elle pas un indice de la nature « sacrée » de l’être humain ? Cet être humain dont l’enfant leur renvoie leur propre image .. ?
Luc Ferry ne considère pas l’enfant comme un prolongement de soi-même.. Le besoin de le sacraliser s’inscrit dans une « attitude parentale spécifique », dans une disponibilité au sacrifice propre à l’être humain…Ce qui, apparemment, ne s’explique pas, donc reste irrationnel !
Puis l’intervenant conclut : « l’amour désintéressé pour ses enfants dont vous avez parlé dans votre conférence, ramène à mon souvenir une phrase du grand penseur Rudolf Steiner qui a dit que l’homme aura beaucoup progressé le jour où il aimera toute l’humanité comme il aime ses propres enfants ».. Luc Ferry approuve la belle phrase qui étend la qualité de l’amour parental, dans un lointain avenir, à toute l’humanité.
Ce qui est rapporté ici, pourrait être d’un intérêt simplement anecdotique. Ce qui, par contre, semble plus intéressant, c’est le « phénomène culturel » lui-même. Un journaliste, éditorialiste comme J.F.Kahn, un scientifique comme Axel Kahn, un philosophe comme Luc Ferry veulent « comprendre l’homme, la société, les enjeux et problèmes de notre temps ». Et chacun pousse son analyse jusqu’aux extrêmes limites de ce qui est possible par l’approche physique, matériel…Mais finalement tous les trois aboutissent à des hypothèses, où tout devient assez « cérébral », abstrait et finalement très subjectif. On se donne l’illusion d’avoir compris …Tout semble assez simple.. Mais la vie et les problèmes de la vie ne se conjuguent-ils que sur une approche matérielle, physique ? Notre activité pensante qui est la source même de notre connaissance, se réduit-elle à une activité purement physique ? Penser, ressentir, vouloir, ne participent-ils pas essentiellement de la « vie intérieure de l’individualité humaine », qui échappe à l’approche purement rationnelle ? Peut-on réduire ces activités à leurs seules dimensions physiques sans en altérer leurs véritables contenus ? Le « miracle homme » , ces 1,3% qui différencient l’être humain de son « proche parent » que semble être le grand singe le plus évolué, n’est-il que l’aboutissement du « hasard et de la nécessité » (tel que le proclamait J. Monot) ? Aujourd’hui on est, à juste titre, curieux de tout, on a accès à une multitude de connaissances, mais souvent on ne s’étonne plus des phénomènes qui nous sont les plus proches ! Notre état de conscience, notre possibilité de connaissance, notre « être » ne reposent-ils pas essentiellement sur notre aptitude à pouvoir « penser »…Que savons-nous sur la nature véritable de notre pensée, cette pensée sans laquelle « nous ne serions pas » ? Et si la pensée était « la clef d’accès » à la compréhension de notre véritable être et pouvait nous prouver notre transcendance par rapport au seul monde matériel ?
Le penseur visionnaire Rudolf Steiner (cf. le site radher@free.fr) avait prévu, dès l’aube du 20ème siècle, les dérives d’une société engluée de plus en plus dans le matérialisme. Son enseignement qui analyse l’être humain dans sa complexité et le définit comme un être essentiellement spirituel, expose clairement où résident les racines des problèmes de la société actuelle. Si l’être humain s’éloigne de sa véritable nature, en s’immergeant complètement dans une vision matérialiste, il se trouvera confronté à une multitude de problèmes qui lui apparaîtront comme insolubles. Le matérialisme unilatéral qui domine pour une large part la société d’aujourd’hui, devrait nous réveiller à notre véritable nature, notre être profond. Ce sont précisément les nombreuses difficultés, les crises d’une société qui ne trouve plus ses repères, qui devraient nous faire réfléchir… En refaisant confiance à notre capacité de penser, de réfléchir, nous nous poserons de nouveau les questions que des générations de penseurs et de savants se sont posées à travers les siècles : qui suis-je vraiment ? Quel est le sens de ma vie ? La mort est-elle la fin de mon existence ou n’est-elle qu’une étape de mon développement ? Le matérialisme n’est-il qu’une illusion ? L’éternelle question « être ou ne pas être » peut aussi se poser ainsi : l’être humain est-il d’essence spirituelle (donc éternel parce que non soumis à la finalité matérielle) ou matérielle (donc limité dans le temps et l’espace) ? L’enjeu est important et mériterait qu’on y réfléchisse !...L’œuvre de Rudolf Steiner peut, dans cette recherche, être d’une grande utilité.
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27.04.2007
Liberté, égalité, fraternité...Les idéaux républicains sont-ils des fictions ?
Le 26 août 1789 l’Assemblée nationale constituante avait voté un texte « solennel » intitulé « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Cette proclamation révolutionnaire fut placée en tête de la Constitution française de 1791…Parmi les 17 articles mentionnés, on note « les principes de 1789 » dont l’un évoque « l’égalité politique et sociale de tous les citoyens »…un autre encore « le respect des opinions et des croyances » ou encore « la répartition équitable des impôts consentis librement par les représentants du pays »…Le contenu de la Déclaration des droits de l’homme se « popularisa » immédiatement sous la forme « d’idéaux républicains : liberté, égalité, fraternité.
La France, à juste titre, est très fière de « ses idéaux » et depuis l’avènement de la République, chaque homme politique se pose en « défenseur de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ». Ces idéaux sont-ils vraiment appliqués dans la vie citoyenne ? Une vision rapide semble le confirmer…Existe-t-il un pays où l’on serait plus « libre » qu’en France ? . Certes, non. Plus « égal » ? La réponse ne peut être que circonstancielle et très nuancée.. Sommes-nous plus « fraternels » en France ? Il existe heureusement des initiatives privées remarquables qui font l’honneur de la France tels « les restos du cœurs », « les Compagnons d’Emmaüs », « le secours catholique » etc…Poussés par les citoyens qui sont autant d’électeurs, les hommes politiques doivent aussi engager l’Etat dans les actions et aides sociales, à telle enseigne que les choix budgétaires sont souvent l’objet de confrontations passionnées. Selon leur « couleur politique », les responsables seront accusés de faire « trop » ou « pas assez de social » ! Il suffit de suivre les débats politiques actuels autour de l’élection pour la Présidence de la République !
Mais ces discussions se prolongeront certainement bien au-delà de l’échéance électorale…Les questions sociales ne sauraient être réglées de manière purement « technique » par des engagements seulement financiers. Le problème est plus vaste et bien plus profond.
Rudolf Steiner (se référer au site http://radher@free.fr) fut le premier à aborder ces problèmes sous un angle vraiment nouveau. Dans son enseignement, il a souligné que l’être humain n’était pas seulement un être physique, matériel, mais qu’il avait aussi une « réalité intérieure (son âme, son espace d’émotions) » et une « réalité spirituelle, transcendante (sa pensée, son espace de réflexion) ». Ce n’est qu’en intégrant ces « paramètres », qu’on arrivera à comprendre l’être humain et ses besoins réels. Partant de là, Rudolf Steiner a ouvert une multitude de « pistes » pour solutionner les divers problèmes sociaux, en soulignant toujours « qu’il n’existait pas une solution définitive pour tous les temps et tous les lieux. Les solutions devront être diversifiées géographiquement, historiquement, socialement. En étudiant l’Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner, patiemment, en profondeur, sans préjugés (mais en gardant son propre jugement), on peut vraiment découvrir des points de vue d’études passionnants qui nous poussent à réfléchir… Car ce n’est qu’à partir de la réflexion, que l’on peut aboutir une action ciblée et efficace.
A titre d’encouragement à l’étude de l’œuvre de Rudolf Steiner, reprenons, dans le cadre de cet article sur les « idéaux républicains », les trois « piliers » pour les éclairer, très sommairement, à la lumière de l’Anthroposophie.
Pour Rudolf Steiner (lire son ouvrage fondamental « La philosophie de la liberté »), la liberté attachée à la seule dimension physique est illusoire. Une réflexion personnelle vraiment objective nous prouvera, que dans notre organisation physique nous sommes en faits toujours « conditionnés de l’intérieur comme de l’extérieur », le conditionnement intérieur étant celui de nos émotions, nos sentiments etc.. Nous sommes entraînés, poussés par nos émotions…Ce n’est donc finalement que par sa dimension « spirituelle » (sa capacité de pouvoir « penser ») que l’être humain peut s’exercer à une véritable liberté : celle de choisir personnellement et en toute liberté le motif de sa pensée et y concentrer toute son attention, avec toute son énergie (sa volonté). Selon le degré d’intensité de ce « travail » (car cela suppose un effort personnel !), cette activité sera « une réflexion personnelle », « une contemplation personnelle » ou encore une « méditation personnelle ». Voilà par ex. un exercice personnel où toute individualité pourra faire l’expérience de ce qu’est une vraie liberté !
Sur quel plan se place « l’égalité » ? Les êtres considérés seulement sous l’aspect physique, ne sont jamais égalitaires. Les gènes, l’hérédité, l’environnement géographique etc. font qu’il existe une diversité donc une inégalité. Si on prend cependant en compte la dimension « spirituelle » (la faculté du « penser ») de l’être humain, on retrouve une égalité. En tant qu’êtres spirituels, tous les hommes sont « des esprits qui sont capables de réfléchir ». Il ne faudrait cependant pas confondre la « capacité de réflexion » avec l’approche conventionnelle de ce que l’on entend par « intelligence » ou « QI » ! Les problèmes existentiels sont souvent mieux compris dans le cadre d’une bonne réflexion que sous une optique « intelligente, parfois très intellectuelle, donc abstraite » !
Quant à la « fraternité » cet « idéal » reste souvent assez flou. La « fraternité humaine » est une notion assez aléatoire. Elle peut être abordée sous un angle religieux : les êtres humains sont des « créatures de Dieu » et doivent donc être solidaires. Sous l’angle laïc, la morale républicaine décrète la solidarité humaine comme une base essentielle pour la paix sociale.
Comment peut-on intégrer les idéaux républicains dans le contexte social, en tenant compte de la spécificité humaine ? A partir de son analyse, Rudolf Steiner propose trois pistes. La liberté appartenant au « domaine de l’esprit » , toute organisation sociale doit assurer à tous les citoyens, à tous les individus une « liberté d’esprit totale, inconditionnelle. Cela concerne la liberté d’opinion, de croyance, d’éducation, d’art et tout ce qui est du domaine de la pensée, tout ce qui nourrit ou favorise son développement.
Pour ce qui est de l’égalité, l’Etat doit garantir celle-ci pour la protection de chaque individu. Mêmes droits, mêmes devoirs avec un souci particulier pour les plus défavorisés . C’est le devoir étatique de juridictions et d’exécutifs adéquats.
La « fraternité » est placée, par Rudolf Steiner sous un angle inattendu et spécifique : elle devrait, selon lui, s’appliquer au domaine économique. L’économie devrait être au service de l’homme et subvenir à ses besoins. Au besoin de tous ! Et il devient dès lors évident que l’économie libérale fondée sur la concurrence et la course au profit, ne saurait à long terme exister, sans créer de plus en plus de conflits sociaux. L’accumulation de richesses pour une minorité, l’indigence, la misère pour la majorité, ne pourront contribuer à une paix sociale durable. Rudolf Steiner a souligné que la concurrence, une forme de guerre sociale dans la vie commerciale, était néfaste à l’individu et à la société. Seules la coopération et la collaboration pour des projets communs pour toute la société humaine peuvent contribuer à « fraterniser » les hommes. La seule concurrence « positive » est celle du domaine de « l’esprit » : par une émulation parmi les chercheurs par ex. pour trouver « les bonnes idées », les inventions utiles pour le bien de tous les hommes ! Et les « idées » sont « gratuites » car elles viennent « d’en-haut »… Les « chercheurs » ne pourraient « trouver » sans le « monde de la pensée », qui est d’ordre spirituel.
Nous terminerons ces quelques « réflexions » qui ne prétendent nullement traiter les sujets en profondeur, mais qui voudraient encourager les personnes « pensantes et responsables » à aborder les écrits de Rudolf Steiner, en citant P. Archiati (un auteur anthroposophe qui a étudié à fond l'oeuvre de R. Steiner) qui résume ainsi les thèmes abordés :
" Dans la vie professionnelle d’aujourd’hui, l’homme a surtout besoin de courage, le courage que ne peut conférer que l’amour. Le matérialisme se caractérise par un manque d’amour pour l’homme, car il paye le travail comme une marchandise et de ce fait traite l’homme lui-même comme une marchandise.
L’homme aspire à la liberté pour développer ses aptitudes et il a besoin d’une aide fraternelle pour subvenir à ses besoins. Il vit sa dignité dans l’égalité de tous les hommes. "
16:15 Publié dans Choix de société, choix de vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liberté, égalité, fraternité, vie sociale, esprit, âme, Rudolf Steiner
25.04.2007
Crises de société ? Symptômes d'une dérive profonde ?
Nous percevons aujourd’hui, dans tous les domaines de la vie sociale, des crises qui sont autant de symptômes d’un malaise profond. Notre société, souvent repliée sur elle-même, s’est habituée à vivre dans un monde chaotique, de plus en plus inégalitaire et injuste où les richesses se trouvent concentrées dans les pays industrialisés. Le reste de l’humanité est condamné à la malnutrition voire la famine et la misère avec toutes ses conséquences tragiques. Ce contraste terrible s’affirme de jour en jour davantage.
Mais la richesse du monde occidental n’est qu’apparente et cache bien des aspects moins reluisants. Nous ressentons chaque jour que le bien-être et la sécurité sont très fragiles. Aujourd’hui les signes de précarité se révèlent de plus en plus : chômage, exclusions, dangers de régressions sociales. Le libéralisme commercial selon le modèle américain qui prolifère dans le monde, la mondialisation du commerce, présentent de grands dangers s’ils ne sont pas maîtrisés et « humanisés ». Le progrès n’est jamais immoral en soi, il le devient s’il est le prétexte d’agissements qui asservissent l’être humain. Au nom du progrès, on peut utiliser les techniques nouvelles pour instaurer la domination de l’homme par l’homme. Il devient alors une autre forme pernicieuse de « lutte des classes »…
Nous pouvons observer, jour après jour, une société de plus en plus enlisée dans de multiples contradictions. Le modèle de « bonheur proposé » est celui de la consommation à outrance, avec toutes les dérives et frustrations qui en découlent. La motivation de l’homme moderne se résume en peu de mots: « gagner vite beaucoup d’argent pour consommer de plus en plus »…L’argent comme gage de réussite et d’affirmation de soi…Bien des jeunes rêvent d’une telle réussite…Mais cette vision matérialiste de la vie fait des ravages dans toute la société..
L’homme contemporain est souvent dépressif, inquiet, parfois suicidaire.
Il se sent de plus en plus abandonné, « jeté », dans une société qui, dans la course à la performance, n’a apparemment plus le temps, ni la force de s’occuper des « maillons faibles »…
Les religions sont en perte de vitesse. Dans une approche où sciences et foi sont inconciliables, ce sont en définitive les sciences basées sur la réalité matérielle qui emportent toujours la victoire, selon la formule : « il n’y a d’autre réalité que la réalité matérielle ». Dès lors, les religions restent, aux yeux de beaucoup « une invention pour rassurer les hommes qui ont peur de mourir, de disparaître »…Certaines religions, à défaut de pouvoir convaincre, se réfugient dans le dogmatisme, l’intégrisme, parfois la violence.
Il devient alors très difficile de trouver des solutions aux problèmes sociaux, capables de réconcilier tous les hommes. Les hommes ne seraient-ils pas tous semblables ? On a cru, à un certain moment, que les sciences, qui ont une vocation d’universalité, parviendraient à réaliser cet idéal. Il faut hélas, constater que finalement les scientifiques sont « aussi » des hommes, avec leurs faiblesses, leurs limites, leurs contradictions. Ils ne sont pas incorruptibles… Les sciences sont par définition objectives , impartiales… Les scientifiques souvent tributaires d’intérêts économiques considérables, ne s’inscrivent pas toujours dans une dynamique de vérité et de liberté. Il suffit d’observer par exemple les débats concernant les OGM …Les tenants d’ intérêts financiers exercent des pressions violentes, utilisant toutes les stratégies dont des publications « d’experts scientifiques » gagnés à leur cause, pour contrer la très grande majorité de consommateurs opposés à la prolifération d’un produit non testé à long terme et dont les « bénéfices » pour l’homme sont plus que contestables. Une des graves conséquences déjà connues aujourd’hui est la contamination de la culture biologique. On pourrait aussi évoquer les nombreuses et inquiétantes malformations congénitales décelées (en Allemagne) sur le bétail nourri d’aliments comportant des OGM.
On ne peut, évidemment, nier le progrès et revenir en arrière…Les ordinateurs et autres appareils électroniques, par exemple, sont devenus indispensables dans la société d’aujourd’hui. Tout doit aller vite.. encore plus vite..il faut « économiser du temps qui est de l’argent » ! Il faut produire « vite et beaucoup » face à un marché concurrentiel où l’efficacité est le seul gage de survie. Mais tout cela ne fonctionne, bien entendu, que si la « demande » existe…Il faut donc consommer beaucoup, afin que l’on puisse produire beaucoup ! Il faut aussi inventer de nouveaux « besoins » pour pouvoir vendre ! Dans notre type de société, l’individualité n’a de poids, d’existence, que par sa qualité de consommateur. L’idéal de vie proposé « au consommateur » se résume en peu de critères : gagner de l’argent pour consommer de plus en plus de biens et prestations de services de toutes natures. L’économie d’aujourd’hui ne se limite nullement à couvrir les besoins primaires et naturels de l’homme, mais se doit de susciter constamment des besoins nouveaux, créés artificiellement, par les moyens considérables de la publicité. Des budgets énormes sont dépensés pour imposer aux consommateurs de nouveaux produits. Tout cela aussi géré de manière professionnelle et « scientifique ».. !
Un nouveau type de guerre et d’affrontement est né : la guerre économique, au nom du profit et du pouvoir de l’argent. La loi de la concurrence engendre de nouveaux cauchemars pour l’individu : nécessités de qualifications de plus en plus grandes , efficacité, flexibilité, disponibilité constante …Nécessité de s’adapter continuellement aux nouvelles techniques et accepter un emploi qui changera probablement plusieurs fois dans la vie. Telle est la réalité quotidienne à laquelle nous sommes tous confrontés et qui présente tous les symptômes d’une vie sociale menacée de dérives profondes. Notre société est de plus en plus inhumaine. Le monde devient invivable…
Comment rendre notre société plus humaine ? L’évidence est de dire « notre vie sociale ne peut redevenir humaine que si elle est conforme à l’homme ». Ce qui semble a priori une « lapalissade », cache cependant une vérité profonde : la vie sociale contemporaine ne répond pas aux aspirations profondes de l’être humain. L’homme ne se réduit pas à sa seule dimension physique. Il n’est pas seulement « l’animal le plus évolué » dans la perspective darwiniste. S’il n’était que cela, les possibilités offertes par le monde de la consommation devraient le rendre pleinement heureux . Ce n’est pas le cas, les biens matériels proposés ne lui donnent qu’un bonheur très éphémère . Le nombre de personnes souffrant psychiquement augmente sans cesse. Celui des suicides aussi, touchant aussi bien les jeunes que les aînés confrontés au stress insupportable du monde du travail. Cette constatation est plus qu’alarmante.
Non, l’être humain est plus qu’un corps physique : il a ses pensées, ses réflexions, ses recherches existentielles, sa quête de vérité, d’absolu, tout ce que les anciens dénommaient « esprit »… Il a aussi sa vie intérieure, ses émotions, ses joies, ses peines, son besoin d’aimer et d’être aimé, ce qui « l’anime » et que l’on désigne par le terme « âme ». Dans le Nouveau Testament, St-Paul qui connaissait bien la culture grecque, parlait de « l’homme pneumatique » (du grec pneuma = esprit) et « psychique » (psyche = âme). Les anciens savaient que l’être humain était à la fois « corps » (aspect matériel, physique visible) , « âme « (vie intérieure, non visible physiquement) et « esprit » (sa dimension spirituelle, non visible physiquement). C’est dans cette perspective que dans l’Evangile de Matthieu (22/37), Jésus reprend à son compte les termes du Deutéronome pour définir le plus grand des commandements : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
L’Eglise chrétienne primitive admettait donc que l’être humain était à la fois corps, âme et esprit. Ce n’est qu’au Concile de Constantinople en l’an 869, qui opposa l’Eglise de Bysance à celle de Rome que l’être humain fut réduit à ses « composantes corps et âme »..Il s’agissait, à l’époque de désavouer et de faire condamner pour hérésie un des représentants de l’Eglise d’Orient : le fameux théologue et spécialiste du Droit canonique PHOTIOS (820-896). Ce dernier avait dit que l’être humain possède, en plus de son corps, une « âme inférieure » et une « âme supérieure » qui est sans péché…Il reprenait en fait l’idée grecque (reprise comme mentionné plus haut par St-Paul et l’Eglise d’Orient) de « l’homme psychique (= âme) » et de « l’homme pneumatique (= esprit)..Il considérait que cette « âme supérieure » (donc l’esprit) était « sans péché », parce que par nature, elle est spirituelle, donc non corruptible..L’Eglise de Rome prit donc prétexte de la qualification des « deux âmes » par Photios, pour dire que c’était une invention diabolique et souligner que ni dans l’Ancien, ni dans le Nouveau Testament, il n’était question de deux âmes… ! L’idée « d’âme supérieure » (selon Photios), en fait un synonyme « d’esprit », fut condamnée et Photios déclaré hérétique..Le Concile déclara solennellement que l’homme n’était constitué que d’un corps physique et d’une âme. « Exit l’esprit ! »
Au 19/20ème siècle, les sciences ont réduit l’être humain à sa dimension organique physique. Sous cette optique, les facultés du « penser et ressentir humain » ne sont que des émanations, des conséquences de l’organisation matérielle physique… »Les états d’âme » ne sont dès lors que le résultat de processus chimiques complexes de l’organisme…Les psychologues et psychiatres se sont alors spécialisés dans l’étude d’une « âme » qui devenait par là « gérable et influençable » par diverses techniques… « Exit l’âme comme vie intérieure secrète et inviolable » !
Dépouillé successivement de ses composantes « esprit » et « âme », l’homme est aujourd’hui réduit à sa seule existence matérielle. Les conséquences tragiques qui en découlent peuvent se mesurer quotidiennement.
Ce n’est qu’en tenant compte de « l’être humain » dans sa totalité, que nous arriverons à mieux nous comprendre nous-mêmes, par là aussi à être en empathie avec les autres. C’est dans cette approche « identitaire » avec les autres, que se dessineront aussi les besoins sociaux et que pourront être trouvées des solutions vraiment adaptées.
Le grand penseur visionnaire autrichien Rudolf Steiner (1861-1925) a proposé à travers son enseignement une nouvelle image de l’homme. Son « Anthroposophie » ou « science de l’esprit » expose une analyse en profondeur de l’identité et de la vocation humaines. Pour toutes les personnes en recherche, cette approche ouvre vraiment de nouvelles perspectives. Le site http://radher@free.fr va dans ce sens et propose des textes inédits du Dr. H.E. Lauer 1899-1979 (un élève de R. Steiner) qui a consacré une vie entière à se pencher sur les problèmes de la société actuelle.
10:35 Publié dans Choix de société, choix de vie... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : esprit, âme, liberté, philosophie, R. Steiner, H.E. Lauer, religion
16.04.2007
Retrouver son identité profonde ? Une nouvelle prise de conscience ?
Il existe un site intitulé "Anthroposophie et Christianisme", sur free (http://radher.free.fr), qui trace une vision du Christ très éloignée de celle d'un historien tel Ernest Renan ou encore de celle des représentants du christianisme officiel. Ces derniers se limitent la plupart du temps à esquisser le portrait de "Jésus de Nazareth", l'homme "simple et humble", qui parle souvent par paraboles, s'attirant l'inimitié des religieux officiels. Cette approche "historique et physique" estompe parfois l'essentiel : la dimension cosmique, transcendante de "Jésus-Christ" le ressuscité. Rudolf Steiner, le philosophe et penseur visionnaire autrichien, qui a fondé au siècle dernier l'Anthroposophie ou "science de l'esprit", présente le Christ comme "le centre de tout l'univers" : Il est le "Logos" évoqué au début de l'Evangile de St-Jean, "Il est à l'origine de tout ce qui est, donc aussi de l'humanité, qu'Il accompagne, qu'Il conduit à travers toute l'évolution, toute l'histoire des hommes. Teilhard de Chardin avait, lui aussi, esquissé une évolution initiée et guidée par l'Entité christique.
L'Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner est à la fois un enseignement touchant les origines et la nature spirituelle de l'être humain, le sens de l'évolution, la vocation humaine dans son cheminement terrestre et aussi un chemin libre d'initiation, pour toutes celles et ceux qui veulent trouver une réponse à la question essentielle: qui suis-je ? Quel est le sens de ma vie ? L'étude des ouvrages de Rudolf Steiner, qui abordent des domaines aussi variés que l'éducation, la médecine, l'agriculture, le domaine des activités sociales, la Christologie etc...(plus de 450 livres et publications diverses, reprenant pour une grande part, les centaines de conférences publiques tenues par R. Steiner), permet, en toute liberté, une progression vers une prise de conscience sans cesse élargie. Dans un ouvrage fondamental intitulé "La philosophie de la liberté", Rudolf Steiner analyse en profondeur la nature, l'étendue et la fonction de la pensée humaine. Il devient évident (et chaque individualité pourra elle-même en faire l'expérience), que l'être humain ne peut être libre que dans sa possibilité de "maîtriser son "penser" : choisir lui-même librement le "contenu de sa pensée", approfondir ce contenu par un acte libre et volontaire, pour parvenir à une connaissance approfondie des êtres et des évènements.
Loin de toute contrainte, de tout dogmatisme, de toute volonté de domination, Rudolf Steiner encourage chaque individualité à accorder une confiance totale en sa capacité de pouvoir "penser" et "réfléchir", en profondeur et par là , accéder à de nouvelles connaissances. Ces connaissances 'trouvées et mûries" en soi-même prendront pour elle le caractère de "découvertes', de "révélations" qui seront "ses convictions personnelles", ses "évidences" plus convaincantes que toute preuve matérielle tangible. "Plus nous réfléchirons, plus nous prendrons conscience de notre véritable identité, de la signification des évènements qui nous entourent...Nous y discernerons les symptômes des défis de notre temps, les problèmes qui ne pourront être solutionnés que si nous nous concentrons sur l'être humain dans sa totalité : l'être humain est "trinitaire" , il est un "corps physique" + "une âme"(sa vie intérieure, ses sentiments, ses joies et souffrances intérieures etc..) + "un esprit" (sa faculté de se mettre en osmose, par sa pensée, avec les mondes supra-sensibles).
Il devient tout à fait évident, logique, que notre société, à l'avenir, ne pourra changer que par une prise de conscience individuelle, loin de tout "esprit de groupe", de toute influence extérieure. Dans cette approche, toute forme de guerre religieuse sera écartée. Dans l'enseignement de Rudolf Steiner, c'est le Christ qui est fédérateur de l'humanité : "le Christ est mort et ressuscité pour tous les hommes" (donc aussi pour les athées, agnostiques et fidèles d'autres religions). Le "Mystère du Golgotha" transgresse le temps et l'espace, touche l'humanité entière... Le Christ accompagne chaque être humain, quelles que soient sa culture, sa race, sa religion. Et ce cheminement dépasse largement le cadre d'une seule vie humaine...
L'Anthroposophie ne saurait être dissociée du Christ. C'est précisément dans cette optique, que "la science de l'esprit" (une ineptie pour l'approche kantienne "scientifique") devient une réalité. Le livre passionnant de Hans Erhard Lauer, un élève de Rudolf Steiner, intitulé "L'Anthroposophie et l'avenir du Christianisme", décrit le rapport du Christ à l'humanité. L'être humain contemporain, placé dans un monde "scientifique" qui propose des connaissances, éprouve de plus en plus de difficultés à "croire le fait religieux". Le livre magistral de H.E. Lauer prouve que "sciences et spiritualité" sont conciliables, à condition d'avoir la bonne approche.
Ce message veut encourager toutes celles et tous ceux qui "sont en recherche", qui "veulent comprendre" qui s'interrogent sur le sens de la vie humaine, le sens de la mort, de la nature et du sens de l'amour, à lire des ouvrages de R. Steiner (qui ont été traduits dans toutes les langues) . Le site déjà mentionné plus haut (http://radher.free.fr), donne tous les détails sur l'oeuvre de R. Steiner et celle de H.E. Lauer. Il ouvre aussi la possibilité de poser des questions et de faire des commentaires.
"La vérité devra continuellement être annoncée aux hommes sous de nouvelles formes et en d'autres termes. Car les besoins de l'humanité changent d'époque en époque. La nôtre réclame une révélation nouvelle, une expression nouvelle de cet évènement décisif pour toute l'évolution : l'évènement christique. C'est cette nouvelle forme d'annonciation que l'Anthroposophie souhaite apporter". Rudolf Steiner
"Il est à espérer que, si loin que puisse aller l'humanité sous l'influence du matérialisme, dans le rejet des anciennes représentations du Christ, la nouvelle science spirituelle rendra le Christ à l'humanité. Car cette science spirituelle n'en parle pas par référence à des théories, mais en se souvenant de la parole même du Christ : "Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps". Depuis le "Mystère du Golgotha", le Christ est là, autour de nous. Nous pouvons le trouver dans le monde où nous sommes, où Il est présent, non sous une forme physique, mais en tant qu'Entité spirituelle". Rudolf Steiner
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